Pierre Verrette fait face à des accusations criminelles de fraude, vol, fabrication et utilisation de faux documents. Une poursuite civile a aussi été intentée contre lui par Buromax.

Pierre Verrette accusé de fraude et vol

TROIS-RIVIÈRES — Pierre Verrette devra faire face à la justice tant au niveau criminel que civil en lien avec des allégations de fraude et vol à l’encontre de Buromax.

Cet individu de 53 ans, domicilié à Trois-Rivières, aurait en effet détourné plus de 180 000 $ à son profit alors qu’il occupait les fonctions de contrôleur de l’entreprise. Les faits qui lui sont reprochés seraient survenus entre janvier 2013 et février 2016, du moins selon les éléments de preuve qui ont pu être recueillis jusqu’à présent. Pierre Verrette a en effet commencé à travailler pour Buromax en juin 2002. En février 2016, il a volontairement décidé d’aller travailler pour une autre entreprise. Au cours des mois qui ont suivi son départ, les vérifications comptables auraient permis de relever plusieurs irrégularités et anomalies dans sa comptabilité.

Selon ce qu’on peut lire dans la demande introductive d’instance déposée en mai dernier par Buromax devant la Cour supérieure, Pierre Verrette aurait effectué des dépôts en provenance de fournisseurs et des virements totalisant 171 570,79 $ dans son compte personnel pour les années 2013 à 2016. On l’accuse aussi de s’être versé des montants additionnels à son salaire, qui était alors fixé à 62 000$ selon son contrat de travail. Il aurait au total perçu un trop payé de 8121,58 $ en 2013 et 2014.

Or, il aurait aussi profité des importantes difficultés financières de Buromax à cette époque pour modifier son salaire à la hausse et ainsi percevoir 1487,54 $ entre 2014 et 2015. L’entreprise avait en effet conclu avec Emploi et développement social Canada un contrat d’accord de travail partagé dans le but d’éviter des pertes d’emploi, de redresser ses finances et d’assurer sa survie.

Pierre Verrette

Cette entente prévoyait que les employés devaient réduire leur semaine de 40 à 32 heures. La journée perdue était assurée par le régime d’assurance-emploi de Revenu Canada.

Au départ, Pierre Verrette n’aurait pas été inclus dans cette entente mais à compter de janvier 2015, il l’aurait finalement intégrée, ce qui le forçait à réduire sa semaine de travail. Il se serait alors octroyé un salaire horaire plus élevé, et ce, jusqu’en décembre 2015 malgré l’expiration de l’entente avec le gouvernement. Buromax soutient qu’elle n’a jamais autorisé la hausse de son taux horaire.

Enfin, il aurait profité de congés mobiles rémunérés mais non autorisés pour un montant de 1360,80 $. Il se serait octroyé 80 heures mobiles au lieu des 40 prévues à son contrat.

Pour cette raison, la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, a autorisé contre lui le dépôt de quatre chefs d’accusation, soit fraude de plus de 5000$, vol de plus de 5000 $, fabrication et utilisation de faux documents en l’occurrence des fausses factures. Sa comparution a eu lieu le 20 juin dernier. Il a été remis en liberté avec des conditions à respecter mais il devra revenir devant le tribunal le 18 septembre pour la suite des procédures judiciaires.

De même, Buromax, qui est représentée par Me François Therrien, a intenté une poursuite civile dans laquelle elle lui réclame la somme de 182 540,61 $, sans compter les intérêts, les frais et les ajustements à prévoir le cas échéant.