Pierre Laquerre
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Pierre Laquerre a gain de cause: aucune ordonnance ne sera imposée

Trois-Rivières — Pierre Laquerre, ce septuagénaire de Trois-Rivières soupçonné avoir tenu des propos jugés inquiétants contre des personnes immigrantes sur les réseaux sociaux, a finalement eu gain de cause devant la justice.

Le juge David Bouchard a rejeté la demande de la poursuite qui voulait obtenir un engagement de type 810.2 à titre de mesures préventives. Le tribunal a conclu qu’il n’y avait aucune raison de craindre qu’il puisse commettre des sévices graves à la lumière de la preuve présentée devant lui.

Rappelons que le 23 octobre 2019, M. Laquerre aurait écrit des commentaires en réaction à un titre sur le fil d’actualité de la page du Parti patriote, où il était mentionné que «Montréal n’est plus Québécois» avec la note: «L’assimilation est bien réelle».

Il aurait notamment déploré que le «peuple capitule devant l’ennemi», en faisant référence à «des envahisseurs et des pourritures», et aurait demandé aux gens de «se lever debout». Et en réponse aux propos tenus par une personne, il a écrit: «En rapportant mes propos aux forces de l’ordre, je suis persuadé que tu as omis de leur rapporter en même temps les passages du coran où il est dit qu’il faut éliminer les infidèles, c’est-à-dire nous, et aussi rapporter aux forces de l’ordre que les vieux cochons ont le droit de se marier à des petites filles de neuf ans avec relations sexuelles. Après leur avoir montré tout ça, tu pourras leur dire que ces pourris-là, je suis prêt à les éliminer s’ils s’en prennent à mes petites-filles.»

Au terme d’une enquête, il avait été arrêté par les policiers. Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, avait alors choisi de ne pas porter des accusations mais plutôt de déposer une dénonciation visant à obtenir un engagement visant à garder la paix en tenant compte du profil de M. Laquerre, un ferblantier à la retraite, et de son âge.

Si cette ordonnance avait été prononcée, M. Laquerre aurait dû s’engager à garder la paix, ne pas avoir d’armes en sa possession et ne publier aucun propos relatif à des personnes immigrantes pendant un an.

Or, Me Jean-Sébastien Gladu, l’avocat de la défense, s’était opposé à cette ordonnance, ce qui avait donné lieu à la tenue d’audiences à ce sujet. Il avait notamment invoqué le fait que son client était un chasseur depuis 40 ans, qu’il n’avait aucun antécédent judiciaire et que ses commentaires étaient peu nombreux par rapport à l’ensemble des réactions à cette publication sur les réseaux sociaux.

Le 7 mai dernier, le juge a conclu que les propos de M. Laquerre ne représentaient pas une menace imminente de sévices graves et qu’il n’y avait pas de preuve d’une crainte réelle sur un plan objectif et subjectif. En outre, il a aussi retenu du témoignage de M. Laquerre que celui-ci était un pacifique.