Olivier Charrière

Peu de connaissance en comptabilité

Trois-Rivières — «Ma force, c’est sûr, ce ne sont pas les états financiers.»

C’est en ces termes qu’Olivier Charrière a commenté ses aptitudes administratives dans le cadre de son procès devant jury pour des fraudes et des vols. À plusieurs reprises au cours de son témoignage, l’individu de 34 ans a insisté sur le fait qu’il avait peu de connaissances en matière de comptabilité pour s’occuper des affaires de son entreprise Les élévateurs de la Rive-Nord à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Il aurait plutôt confié cette tâche à une secrétaire administrative Jocelyne Grand’Maison entre 2007 et 2009 et à une fiscaliste. 

Il soutient qu’il demandait à sa secrétaire de lui présenter un bilan mensuel maison afin de décider des orientations à prendre, tout dépendant si les résultats étaient négatifs ou positifs. Toujours selon lui, il était même incapable de faire fonctionner le logiciel de comptabilité. 

Quant aux nombreux chèques sans provision qui lui sont reprochés par ses créanciers, il a indiqué que c’était sa secrétaire qui les préparait tout en lui suggérant les chèques à prioriser à la lumière des liquidités disponibles. «Elle les faisait, je les signais et elle les envoyait», a-t-il ajouté. 

Rappelons qu’il est accusé de fraudes et de vols totalisant plus de 800 000 $ envers des agriculteurs dans le cadre de ses activités de courtage agricole. Les gestes reprochés auraient été commis en 2008 et en 2009. Selon la poursuite, Charrière aurait vendu du grain en consignation sans en remettre les recettes aux producteurs. Il est également soupçonné d’avoir détourné plus de 160 000 $ à même les coffres de son entreprise pour l’aider à s’acheter une maison de 320 000 $ et un immeuble à logements de 415 000 $ à la fin de 2008, d’avoir obtenu des prêts des institutions financières de façon frauduleuse et d’avoir vendu un séchoir à grains qui ne lui appartenait pas. À l’automne 2009, l’accusé a déclaré une faillite personnelle et déposé un avis de faillite de son entreprise. Encore aujourd’hui, il ne serait toujours pas libéré de ses faillites. 

Alors que la Couronne lui reproche d’avoir menti en ne donnant pas un portrait exact de ses finances ou d’avoir fait preuve d’aveuglement volontaire dans ses manœuvres financières, Olivier Charrière cherche plutôt à démontrer que les activités de son entreprise ont mal viré tout simplement. 

Lorsqu’il a décidé de fonder son entreprise en 2007, il soutient qu’il était alors un négociant en grains pour l’entreprise Xgrains. «J’étais un technicien en agriculture, un passionné pour aller voir les gars sur le terrain, pas un comptable», a-t-il clamé.

Il a donc loué le plan de séchage à Sainte-Geneviève-de-Batiscan et démarré les activités. 

Il a alors parlé longuement et en détail de toutes les épreuves et les difficultés auxquelles il a été confrontées avec les équipements, ce qui a entraîné des retards dans ses opérations. 

C’est pourquoi il a décidé d’acheter un nouveau séchoir plus performant et de vendre en échange celui qui était sur place. Toujours selon ses prétentions, le second contrat conclu avec le locateur Napierveau, le financement octroyé par la caisse populaire pour l’achat du site après cinq ans et les investissements de 200 000 $ qu’il a faits pour améliorer les équipements lui ont donné lieu d’agir comme le propriétaire. «J’ai géré les lieux en tant que propriétaire, futur propriétaire du site», a-t-il précisé.

Son procès va se poursuivre jeudi.