Frank Basil Cranton

Pas de liberté provisoire pour l’homme aux 80 identités

Trois-Rivières — En raison de son manque de fiabilité, l’homme aux 80 identités, Frank Basil Cranton, a échoué dans sa tentative visant à reprendre sa liberté.

Tout comme son collègue Jacques Trudel l’avait fait la semaine passée, le juge David Bouchard a conclu que sa détention était nécessaire pour s’assurer de sa présence devant les tribunaux et parce qu’il y a des probabilités marquées de récidive.

Il demeure donc détenu dans les deux dossiers qui l’ont conduit devant le tribunal, soit celui de la tentative de fraude chez Costco et l’entrave lors de son arrestation, et ensuite celui de la tentative de fraude chez BestBuy.

Cette décision du juge Bouchard a été rendue en milieu d’après-midi mercredi après une enquête sur caution qui se sera étirée sur deux jours en raison du comportement revendicateur et tatillon du suspect.

Rappelons que ce dernier a été arrêté le 5 décembre dernier à Trois-Rivières en lien avec une tentative de fraude qu’il aurait commise au Costco. Lors de son arrestation par les policiers, il aurait fourni une fausse identité.

Une enquête a ensuite permis de découvrir que cet anglophone, qui s’est déjà targué de travailler pour le NCIS et de faire partie des services policiers américains, aurait commis une autre tentative de fraude chez BestBuy.

Qui plus est, il aurait utilisé plus de 80 identités différentes au cours de sa longue carrière criminelle marquée principalement par les fraudes et les vols.

Son stratagème consisterait notamment à voler de la marchandise à l’intérieur d’un commerce de grande surface. Il se présente ensuite immédiatement au comptoir de retour pour obtenir le remboursement de l’article. Même s’il n’est pas en possession de la facture, il prétend avoir eu l’autorisation du directeur du commerce.

Une fois sa détention ordonnée dans le dossier du BestBuy, le suspect, qui se représente seul, a immédiatement demandé d’avoir un procès avant les Fêtes de Noël, invoquant le droit à une procédure urgente, ce qui lui a été refusé. La cause a plutôt été reportée au 15 janvier afin d’entreprendre la gestion des instances à venir. Parmi toutes ses requêtes, le prévenu désire avoir un procès en anglais et sans interprète. Il veut aussi qu’on lui remette toute la preuve recueillie contre lui dans sa langue maternelle, ce qui nécessitera évidemment plus de temps. Enfin, il ne cesse de répéter qu’il veut invoquer la Charte canadienne des droits et libertés sous prétexte que plusieurs de ses droits auraient été bafoués.