La décision du DPCP est difficile à avaler pour le Conseil de la nation atikamekw (CNA). Le grand chef, Constant Awashish, demande même des excuses de la part du gouvernement et de la SQ.

Pas d'accusations dans le cas d'un accident datant de 1977

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne portera pas d'accusations contre le conducteur d'une caravane à la suite de l'analyse d'une nouvelle enquête sur un accident mortel de 1977. Le drame, survenu à Saint-Michel-des-Saints, avait coûté la vie à cinq jeunes Atikamekws de la communauté de Manawan.
Après l'examen du rapport d'enquête produit par la Sûreté du Québec (SQ), le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a conclu «ne pas être raisonnablement convaincu d'être en mesure d'établir la culpabilité d'un prévenu». Il n'y aura donc aucune accusation criminelle dans le dossier. 
Il faut dire que cette nouvelle enquête fait suite à une demande formulée à la SQ par des proches des personnes décédées.
Rappelons que l'accident s'est produit le 25 juin 1977. En soirée, deux hommes qui avaient consommé de l'alcool auraient quitté la réserve de Manawan accompagnés de cinq passagers autochtones. Peu après minuit, la caravane a fait une sortie de route dans une courbe et s'est renversée dans la rivière du Milieu.
Seuls le conducteur et un passager ont réussi à sortir, les cinq autres occupants sont décédés, noyés à l'intérieur du véhicule.
À l'époque, l'enquête avait été confiée à la SQ du poste de Saint-Michel-des-Saints de même qu'au coroner. Aucune accusation n'avait été déposée, faute de preuves suffisantes.
Le coroner pour sa part avait «conclu à la responsabilité criminelle de l'homme ayant conduit le véhicule avec les capacités affaiblies par l'alcool».
L'enquête policière a été reprise par la Sûreté du Québec en 2016, 39 ans après le drame, avec les documents encore disponibles et la preuve recueillie à cette époque qui reposait essentiellement sur les déclarations des deux suspects ayant survécu. 
«Près de 40 ans après l'événement, les policiers de la SQ ont obtenu auprès de 50 personnes des déclarations écrites et vidéos de leurs souvenirs des événements. Un mandat a également été confié aux enquêteurs du Module des enquêtes collisions de la SQ. Leur mandat consistait à analyser la scène de l'accident en fonction des observations rapportées, à l'époque, par l'agent de la SQ, des photographies de 1977 et de leur visite des lieux le 10 mai 2016», a indiqué le DPCP.
L'assistance du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec a également été demandée.
Le CNA demande des excuses
La décision est difficile à avaler pour le Conseil de la nation atikamekw (CNA). Le grand chef demande même des excuses.
«Si les gouvernements veulent parler de réconciliation, nous demandons qu'ils reconnaissent les erreurs du passé. Je demande des excuses formelles de la part du gouvernement et de la SQ», a lancé le grand chef Constant Awashish.
Selon des membres de la communauté, le manque de respect des forces de l'ordre serait évident. 
«L'histoire racontée par le conducteur ne tient simplement pas la route. Les policiers ne se sont même pas présentés afin d'annoncer la triste nouvelle aux familles des victimes. L'enquête a été bâclée à l'époque et justice n'est toujours pas rendue. La décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui survient aujourd'hui reconduit cette injustice, a affirmé le CNA.