Plusieurs perquisitions ont eu lieu dans le cadre de l'opération Mâchoire.

Opération Mâchoire: des mesures exceptionnelles pour l'enquête sur détention

L'enquête sur détention des membres d'un groupe de motards criminalisés en émergence a commencé, lundi matin, au palais de justice de Shawinigan, ce qui nécessite des mesures de sécurité supplémentaires.
Sur les 25 personnes qui avaient été arrêtées le 11 juin dernier par l'Escouade régionale mixte de la Mauricie, dix ont en effet décidé de se prévaloir de leurs droits afin de pouvoir recouvrer leur liberté durant les procédures
judiciaires. Il s'agit de Kevin Bellavance, Réal Bissonnette, Jacques Chauvette, Marc-André Cloutier, Sylvain Drolet, Stéphane Dubé, Steveens Fortin, Stéphane Gélinas Leclerc, Éric Naudi et Sonia Dupont. 
Le nombre de constables spéciaux et d'agents de services correctionnels a pour l'occasion été accru. Et compte tenu du peu d'espace disponible dans le box des accusés, les neuf hommes sont assis sur les sièges réservés aux jurés.
Tous font face à divers chefs d'accusation, allant de complot pour trafic de stupéfiants pour certains, gangstérisme pour d'autres, en plus de trafic de stupéfiants et possession de stupéfiants. 
Lundi, la Couronne a commencé à faire la présentation de sa preuve générale avec le témoignage de l'enquêteur au dossier. Celui-ci se sert d'un fichier de type «power point» pour dresser un portrait de l'organisation et pour relater certains faits reprochés aux suspects. 
Des enregistrements audio de leurs conversations ont même déclenché quelques éclats de rire chez les prévenus. Par la suite, une preuve plus spécifique sur chacun des suspects sera présentée. On aura deviné que les procédures risquent de durer plusieurs jours, voire une à deux semaines. Toutefois, en vertu d'une ordonnance de non-publication demandée par la Couronne, il nous est interdit de dévoiler le contenu de la preuve et des témoignages. Il en sera de même lorsque le juge Rémi Bouchard rendra sa décision, du moins en ce qui concerne les motifs en lien avec la preuve. 
Cette ordonnance n'est pas inhabituelle à ce stade des procédures  puisque les procès n'ont pas encore eu lieu. L'enquête sur détention va donc se poursuivre aujourd'hui. 
À ce jour, on sait que 25 personnes ont été arrêtées par les policiers dont la présumée tête dirigeante Martin Grenier, 34 ans de Shawinigan. Trois avaient immédiatement pu reprendre leur liberté avec une sommation. Les autres avaient tous comparu pour ensuite être envoyées derrière les barreaux, compte tenu de l'objection de la Couronne à leur remise en liberté. 
Peu de temps après, Nicholas Denis, 41 ans de Shawinigan, avait été remis en liberté avec des conditions. Hier, Caroline Bordeleau, Louise Morin, Nathalie Demontigny et Daniel Bolduc ont également pu reprendre leur liberté à la suite de discussions entre la Couronne et les avocats de la défense. 
Ils devront cependant fournir des garanties financières substantielles. Des proches ont également dû verser des cautions et s'engager pour eux. Ils devront aussi respecter plusieurs conditions comme un couvre-feu et l'interdiction de contacter les coaccusés, même s'il s'agit de leur conjoint dans le cas de Mmes Demontigny et Bordeleau. Ils ne pourront pas non plus se rendre dans les bars, avoir des téléphones et des armes en leur possession. Dans le cas de Louise Morin, elle a été envoyée en thérapie au Pavillon de l'Assuétude. 
D'autre part, Roger Bellavance et Donald Roy ont fait savoir qu'ils renonçaient à leur enquête sur détention, de sorte qu'ils resteront détenus. Martin Grenier et Luc Marcotte devraient faire la même chose aujourd'hui. Quant à Kevin Gagnon-Roy, Stéphane Paquin et Steve Moreau, ils avaient déjà renoncé à cette enquête antérieurement. Tous trois purgent déjà une peine à la prison de Trois-Rivières.
La cause de ces individus a été reportée au 17 septembre pour la forme.