Des fleurs ont été déposées devant la maison où a eu lieu le triple meurtre à Trois-Rivières. Du côté des amis des accusés, c'est l'incompréhension totale.

«On se sent tellement impuissant»

«C'est normal qu'on se sente secoué. On se sent tellement impuissant. Un acte criminel, c'est comme une roche qu'on lance dans l'eau. C'est une onde de choc.»
<p>Sylvie Biscaro est la directrice générale du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels de la Mauricie.</p>
À l'instar de la population de la région, Sylvie Biscaco est consternée devant le drame qui a coûté la vie à trois jeunes personnes, mardi. La directrice générale du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels de la Mauricie (Cavac) est bien placée pour analyser la réaction des gens face à une telle situation. Elle comprend parfaitement les raisons qui incitent des gens à organiser des manifestations de sympathie comme celle tenue vendredi à l'Université du Québec à Trois-Rivières et celle qui aura lieu samedi après-midi au Collège Marie-de-l'Incarnation.
«Les gens ont besoin d'être ensemble, de se sentir épaulés, de rendre hommage à ces gens et d'exprimer leur compassion. Les gens ont besoin de faire des actions pour se sentir sécurisés. C'est soutenant et réconfortant, car les gens sont en sympathie.»
Ces manifestations de sympathie portent aussi un message d'appui non négligeable auprès des familles des victimes du drame. Selon Mme Biscaro, ce mouvement populaire peut rassurer les familles.
«Ça leur dit qu'ils ne sont pas seuls. Dans ce genre de situation, l'idée est de ne pas rester seul et de demander de l'aide.»
Offrir de l'aide est la mission du Cavac. L'équipe de travailleurs sociaux, de psychoéducateurs et de criminologues a contacté les familles des victimes du triple meurtre pour lui offrir son soutien, comme elle le fait avec toute victime d'un acte criminel.
«Les gens sont formés pour répondre à une situation d'urgence et pour faire le suivi. Il faut savoir être présent, être à l'écoute. Ces parents sont atterrés. Quand on est victime d'un acte criminel, on n'est plus en sécurité. Donc, on perd nos repères. Notre rôle est de comprendre ce qu'ils vivent et de les aider à trouver les chemins pour qu'ils reprennent le contrôle de leur vie le plus rapidement possible.»
L'organisme accompagne les victimes d'acte criminel tout au long du processus judiciaire. Des intervenants étaient présents, mercredi matin, pour accompagner les familles des victimes lors de la comparution à la Cour de la jeunesse des deux coaccusés dans cette affaire.
«Les gens sont très nerveux, anxieux dans ce genre de situation, indique la directrice générale. Les choses peuvent être difficiles à comprendre. On les assiste, on les rappelle dans les jours suivants, on discute des recours qui sont disponibles. Et les gens viennent de façon volontaire au Cavac. On les contacte et ils sont libres d'accepter.»
L'organisme a aussi le mandat de faire un suivi des personnes qui le contactent. Si le besoin est présent, le Cavac va référer les gens à des services de santé, à leur médecin ou à des organismes qui offrent différents services de soutien.