Olivier Charrière a été reconnu coupable de deux des neufs accusations portées contre lui.

Olivier Charrière coupable de deux chefs sur neuf

Trois-Rivières — Au troisième jour des délibérations, Olivier Charrière a été déclaré coupable de deux des neufs accusations portées contre lui.

Un jury composé de 12 personnes a en effet reconnu sa culpabilité sur un chef de vol de grain et un autre pour avoir fraudé les producteurs en détournant leur grain à son avantage. Il a par le fait même été acquitté des chefs de fraude envers les producteurs de grain, de vol d’un séchoir à grains, de vol et fraude contre sa propre compagnie Les Élévateurs de la Rive-Nord, de fraude contre les Caisses Desjardins et enfin de vol et fraude contre Supérieur Propane. 

Lorsque le verdict est tombé lundi après-midi, après un procès qui a duré 25 jours, Olivier Charrière, déjà très nerveux dans la salle d’audiences, a eu de la difficulté à retenir ses larmes. On a pu le voir également se prendre la tête dans les mains à quelques reprises.

Quant à savoir la sentence qui lui sera maintenant imposée, les plaidoiries ont été reportées au 15 janvier. Les procureurs de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté et Me Benoît Larouche, ont rappelé au juge Louis Dionne de la Cour supérieure qu’il y avait en effet quatre autres dossiers pendants de fraudes de moins de 5000 $ devant la Cour du Québec. Ces infractions de même nature auraient également été commises contre des  producteurs de grains. Il a donc été convenu de reporter les plaidoiries à la mi-janvier puisqu’on devra tenir compte de ces délits.

D’emblée, la Couronne a réclamé qu’Olivier Charrière soit incarcéré immédiatement en invoquant le nombre de victimes (plus d’une vingtaine) et la valeur des pertes qui dépasse les 700 000 $. Elle a également rappelé que les fraudes avaient été commises de façon répétitive sur une période de deux ans. La défense, représentée par Miguel Mpetsi-Lemelin, s’y est opposée en insistant sur le fait que son client n’avait pas d’antécédents judiciaires, que les événements dataient de 2008 et 2009 et qu’il était toujours actif pour la société en raison de son travail. Selon lui, Olivier Charrière, qui est libre depuis le début des procédures judiciaires, ne constitue pas un danger pour la société. 

Le juge a néanmoins ordonné qu’il soit menotté et conduit dans le bloc cellulaire du palais de justice le temps qu’il rende sa décision. À son retour, il lui a permis de reprendre sa liberté. Il a en effet conclu que l’individu ne constituait pas un risque pour la société. Qui plus est, il a noté qu’il avait toujours été présent au palais de justice. Certes, il a mentionné que le nombre élevé de victimes, le montant important des fraudes et vols et la gravité objective des crimes seront à considérer lors du prononcé de la sentence. D’un autre côté, il a indiqué que Charrière n’avait pas élaboré un stratagème frauduleux machiavélique dans cette affaire. Il lui a donc demandé d’être présent le 15 janvier pour sa sentence. 

Interrogé sur sa perception du verdict, Me Beauchamp-Laliberté s’est dit très satisfait et content.  «Ce n’est pas une question de chefs d’accusations mais d’impact que cela a eu», a-t-il indiqué à sa sortie de la salle d’audiences. La Couronne entend maintenant demander une peine de prison sévère compte tenu du nombre de victimes et de la répétition des délits mais surtout, le remboursement des 700 000 $ qui ont été volés et fraudés auprès des différents producteurs agricoles. Notons que la peine maximale est de 10 ans pour un vol et de 14 ans pour la fraude. 

Dans cette affaire, on lui reprochait d’avoir profité de ses activités de courtage agricole pour vendre du grain que les producteurs lui laissaient en consignation, flouant ainsi une vingtaine de personnes en 2008 et 2009. Son avocat avait prétendu que Charrière n’avait jamais eu l’intention de frauder mais plutôt qu’il n’avait pas les compétences requises en administration. Ses affaires auraient mal viré avant de se conclure par des faillites. Me Mpetsi-Lemelin a refusé de faire tout commentaire aux médias.