Normand Trahan
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Normand Trahan: la requête en stérilisation bientôt débattue

Trois-Rivières —  Les représentations concernant la requête déposée par la poursuite pour la stérilisation d’animaux saisis au Zoo de Saint-Édouard auront lieu à la toute fin de l’enquête préliminaire de Normand Trahan qui a débuté jeudi. 

Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard subit son enquête préliminaire concernant ses accusations de cruauté et de négligence envers les animaux. Jeudi matin au palais de justice de Trois-Rivières, Me Michel Lebrun, avocat de l’accusé, a indiqué au juge son intention de faire le débat sur cette requête à la fin des interrogatoires des témoins qui seront appelés à raconter leur version des faits durant l’enquête préliminaire. L’avocat de la poursuite, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a partagé le même avis, si bien que le juge David Bouchard a convenu de procéder de cette manière en rappelant que les témoignages livrés durant l’enquête préliminaire serviront à l’étape concernant la requête pour la stérilisation.

La poursuite désire qu’une soixantaine d’animaux sur les quelque 250 ayant été saisis en mai 2019 soient stérilisés.

Ces échanges entre les avocats et le juge Bouchard ont été effectués en lever de rideau de l’enquête préliminaire de Normand Trahan. La docteure Marion Desmarchelier, vétérinaire, a été la première personne à témoigner durant cette enquête préliminaire. Elle est revenue sur son travail effectué dans le cadre de deux perquisitions menées en octobre 2018 et en mai 2019 au Zoo de Saint-Édouard. Un interdit de publication nous empêche de dévoiler le contenu de la preuve déposée devant la cour. Toutefois, il est permis de rapporter que Normand Trahan a hoché de la tête en signe de désapprobation à plusieurs reprises durant le témoignage de la docteure Desmarchelier.

Ce témoignage a été suivi de celui livré par le vétérinaire Shannon Ferrell.


La vétérinaire Marion Desmarchelier a témoigné jeudi à l’enquête préliminaire de Normand Trahan. On l’aperçoit (à gauche) en compagnie de Me Frédérique Bouvier, avocate de la défense des animaux et du bureau des enquêtes de la SPCA de Montréal.

Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal, le vétérinaire Édouard Maccolini et le constable de la SPCA de Montréal, Gabriel Boudreault, témoigneront vendredi.

Philip Éthier et Alessandra Magini, les deux promoteurs qui avaient tenté d’acheter le Zoo de Saint-Édouard il y a deux ans, seront appelés à témoigner plus tard durant l’enquête préliminaire. Me Beauchamp-Laliberté a déjà précisé au juge Bouchard que ces deux témoins veulent s’adresser à la cour en l’absence de Pamela Dubois, une sympathisante de la cause de Normand Trahan. La demande d’exclusion de Mme Dubois de la salle d’audience s’appuie sur la volonté d’assurer un témoignage franc dans un climat serein.

Mme Dubois, qui était présente jeudi, ne semble pas très impressionnée par cette requête de la poursuite, car elle estime n’avoir rien fait de répréhensible.


Près de 10 personnes sympathiques à la cause de Normand Trahan étaient au palais de justice de Trois-Rivières pour le début de l’enquête préliminaire.

«Mme Magini et M. Éthier ont parlé contre le Zoo sur leurs pages Facebook. J’ai fait des captures d’écran, j’ai copié leurs messages et je les mettais sur ma page et sur celle du groupe «Tous ensemble pour le Zoo» avec mes commentaires. Ils doivent penser que c’est de l’intimidation, mais je n’ai pas fait de menace.»


Mme Dubois tenait à être au palais de justice de Trois-Rivières afin d’apporter son soutien à Normand Trahan.

«On ne croit pas à l’histoire de cruauté. Normand n’est pas cruel. Tu ne fais pas ce métier-là durant 30 ans sans aimer les animaux», estime Mme Dubois.

Annie Carle partage le même avis.

«Nous, on aime les animaux. On ne pense pas que Normand Trahan soit contre les animaux. C’est pour ça qu’on l’appuie.»

Au total, dix témoins doivent être entendus durant l’enquête préliminaire qui se poursuit vendredi ainsi que les 26 et 27 mars.