Non-responsabilité criminelle selon une psychiatre

TROIS-RIVIÈRES — Justin Milette, cet individu qui aurait intimidé des personnes associées au système judiciaire, ne serait pas responsable criminellement de ses actes en raison de troubles mentaux.

C’est du moins la conclusion émise par la psychiatre Marie-Frédérique Allard au terme d’une évaluation réalisée à la demande du tribunal. Justin Milette veut maintenant contester le rapport de la psychiatre, qu’il avait pourtant lui-même choisie. Il sera donc ramené en cour le 12 mars afin de pouvoir contre-interroger la Dre Allard et présenter sa défense en lien avec les conclusions de celle-ci.

En octobre dernier, Justin Milette avait été déclaré coupable d’intimidation. Le juge Alain Morand avait conclu qu’il était l’auteur des propos menaçants tenus à deux reprises contre un juge et un procureur de la Couronne et qu’ainsi, il avait agi de manière à provoquer la peur en vue de leur nuire dans l’exercice de leurs attributions. Il avait donc été déclaré coupable sur le chef le plus grave, soit celui d’intimidation. En ce qui concerne l’accusation de menaces, il avait bénéficié d’une suspension conditionnelle des procédures pour éviter un dédoublement des condamnations.

Avant que les plaidoiries sur sentence ne commencent, le juge avait ordonné qu’il fasse l’objet d’une évaluation psychiatrique visant à déterminer sa responsabilité criminelle pour les crimes qui lui sont reprochés compte tenu de son comportement général, de ses propos et de l’historique de sa longue saga judiciaire devant les tribunaux. Du coup, le juge Morand avait suspendu son verdict de culpabilité en attendant la suite des procédures et le résultat des évaluations psychiatriques qui ont été dévoilées vendredi.

Notons cependant que Justin Milette est incarcéré depuis son arrestation le 30 avril dernier à Trois-Rivières. À ce jour, il a déjà purgé l’équivalent de 15 mois, en tenant compte de la détention préventive calculée à temps et demi. De nouveaux délais viennent donc de s’ajouter à sa demande. Le procureur de la Couronne, Me Jean Caron, avait annoncé son intention de réclamer une peine de 18 mois de prison assortie d’une probation de deux ans pour l’intimidation dans le cas où il était déclaré responsable criminellement. Si le juge prononce un verdict de non-responsabilité, Justin Milette relèvera désormais de la Commission d’examen des troubles mentaux. Cette dernière devra évaluer le danger que représente l’accusé pour la société, en fonction de son état mental. Selon le cas, elle décidera si l’accusé doit être libéré (avec ou sans condition) ou détenu dans un établissement hospitalier et fixera des mesures à prendre pour assurer la sécurité du public.

Rappelons en terminant que Justin Milette a aussi été déclaré plaideur quérulent dans le passé en raison du harcèlement dont il fait preuve dans ses nombreux recours judiciaires.