Comme délinquant à contrôler, Jonathan Ouellet sera sous la surveillance des services correctionnels fédéraux durant 10 ans à sa sortie du pénitencier. Il sera soumis à des conditions sévères.

Neuf ans pour un prépuce percé

Le multirécidiviste Jonathan Ouellet est déclaré délinquant à contrôler pour une période de 10 ans. Il écope d’une sentence de neuf années de pénitencier pour avoir séquestré et enlevé un individu et lui avoir percé le prépuce.

Le juge Raymond W. Pronovost, de la Cour supérieure du Québec, a rendu sa sentence jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi.

Le magistrat a qualifié les gestes de l’individu de 37 ans de gratuits, lui qui, le 4 août 2015, a enlevé sa victime et l’a amenée aux Terres rompues, dans le secteur nord de Chicoutimi.

Ouellet a voulu étrangler l’homme qui fréquentait son ancienne copine. Devant la résistance de l’individu, il a plutôt opté pour lui percer le pénis avec un couteau de chasse. Il a ensuite obligé l’homme à lui remettre 1000 $, soit 100 $ pour les 10 fois où il a couché avec son ex-amie.

Le juge estime que la peine doit être lourde en raison des crimes violents que Ouellet a commis et de ses peines précédentes de 42 et 60 mois.

Des 108 mois de détention imposée, le juge retranche l’équivalent de 60 mois de détention préventive. Ouellet est incarcéré depuis le 4 août 2015. Il purge donc une sentence de 48 mois à compter du 29 novembre 2018.


«  Vous avez exprimé des remords. Vous avez joué la comédie en espérant que la peine serait moins sévère. Tout ce qui vous a toujours intéressé, c’est votre propre personne.  »
Le juge Raymond. W. Pronovost, de la Cour supérieure du Québec

« J’espère que vous allez suivre des thérapies à l’intérieur des murs. Sinon, nous allons vous revoir au tribunal », a indiqué le magistrat en s’adressant à Ouellet.

Le juge n’a pas été tendre envers l’accusé. Il lui a fait comprendre qu’il n’a jamais cru en ses remords au moment des représentations sur sentence. Il avait même échappé quelques larmes.

Le juge Pronovost s’est aussi référé aux notes du psychologue dans lesquelles il est clairement démontré que l’accusé n’a pas de remords et ne se préoccupe pas de la victime.

« Vous avez exprimé des remords. Vous avez joué la comédie en espérant que la peine serait moins sévère. Tout ce qui vous a toujours intéressé, c’est votre propre personne », a ajouté le magistrat.

À contrôler

Le magistrat a aussi déclaré Ouellet délinquant à contrôler. Il a retenu la suggestion du psychologue, qui a rencontré l’accusé, afin qu’il soit sous surveillance pour une période de 10 ans au terme de sa sentence de pénitencier.

La Couronne suggérait qu’il soit déclaré délinquant à contrôler en raison de la violence utilisée lors des crimes, sans oublier les antécédents et le fait que la récidive demeure présente chez le détenu.

« Nous avions soumis une peine de huit à dix ans de pénitencier. Il a donné une sentence de neuf ans, ce qui fait que nous sommes satisfaits de la peine. De plus, le juge a bien évalué les critères pour déclarer monsieur délinquant à contrôler », a indiqué Me Nicole Ouellet, de la Couronne, à sa sortie de la salle d’audience.

D’autre part, Jonathan Ouellet a demandé au juge de pouvoir retirer ses plaidoyers de culpabilité, estimant avoir été mal représenté par ses avocats et qu’il l’avait fait pour pouvoir sortir un jour du pénitencier. Il a d’ailleurs remercié Me Mia Mannochio avant de recevoir sa sentence.

Le juge a rejeté la requête verbale précisant que l’accusé avait confirmé les faits et qu’il les reconnaissait.