Un électromécanicien avait perdu la vie à la Kruger Wayagamack, en septembre 2013. Son collègue avait été gravement blessé.

Mort d'un travailleur: Kruger et un sous-traitant blâmés

Déficience des opérations de sécurisation des lieux, absence de procédure écrite d'intervention, nombre insuffisant d'électriciens, absence d'équipements de protection, la CSST énumère de nombreuses raisons pour expliquer la mort d'un employé de Moteurs électriques Laval (MEL) lors d'une opération d'entretien à l'usine Kruger-Wayagamack le 16 septembre 2013. Mais le manque de formation adéquate des personnes impliquées dans l'intervention a joué un rôle majeur dans cet accident de travail qui a tué Conrad Asselin, ce qui entraîne l'imposition d'amendes de plusieurs milliers de dollars aux deux entreprises.
La Commission de la santé et de la sécurité du travail a dévoilé mardi matin le résultat de son enquête sur cet accident. Employé du bureau trifluvien de Moteurs électriques Laval, M. Asselin vérifiait l'absence de tension sur le moteur d'un défibreur. Auparavant, un électricien de la Wayagamack avait amorcé la sécurisation à l'intérieur du cabinet électrique afin de permettre aux employés de Moteurs électriques Laval de faire des tests électriques.
Lorsque Conrad Asselin a effectué sa vérification, une forte explosion est survenue: il a été électrifié par un choc de 6900 volts, soit l'équivalent de 300 000 watts. Il est décédé quatre jours plus tard.
Selon le rapport de la CSST, l'électricien de Kruger-Wayagamack en était à une première manoeuvre de sécurisation des lieux: il avait l'habitude d'accompagner un autre électricien, mais celui-ci avait pris sa retraite auparavant. De plus, Conrad Asselin en était lui aussi à une première intervention sur le système électrique de l'équipement. Il avait l'habitude de venir à l'usine, mais accompagnait l'électromécanicien en charge de cette opération. Cet électromécanicien a lui aussi pris sa retraite quelques mois avant l'accident du mois de septembre.
«L'électricien de Kruger-Wayagamack n'avait pas la formation et l'entraînement requis pour sécuriser le cabinet. Les travailleurs de Moteurs électriques Laval ne connaissaient pas les dangers et n'avaient pas la formation et les connaissances requises», déclare Denis Marchand, inspecteur de la CSST, en précisant que cet accident aurait pu être évité.
Outre la déficience de la sécurisation des lieux, la CSST conclut que la vérification de l'absence de tension dans une partie de l'équipement est improvisée et que l'organisation du travail pour effectuer des vérifications sur les moteurs des défibreurs comporte d'importantes lacunes. La CSST a exigé de Kruger-Wayagamack la mise sur pied d'une nouvelle procédure de travail.
«Le but de l'enquête est que cela ne se reproduise pas. Un accident est causé soit par une action ou une inaction. Quand les gens prennent leur retraite, le transfert de connaissances est important», souligne Yvan Bourgeois, le directeur régional de la CSST en Mauricie et au Centre-du-Québec.
Le montant de l'amende imposée aux deux entreprises varie de 15 698 $ à 62 790 $.
D'autre part, il a été impossible d'avoir des nouvelles concernant la deuxième personne qui a été blessée lors de l'accident. Ce genre d'information fait partie des données confidentielles, soutient la CSST.