Michel-Ange Lavoie a déjà été condamné à 81 mois de prison pour agression sexuelle grave et pour avoir transmis le VIH à sa conjointe en 2003. Cette fois il a reçu une peine de 21 mois de prison.

Michel-Ange Lavoie plaide coupable

Trois-Rivières — Alors que son procès devait s’amorcer le 10 juin et durer cinq jours, Michel-Ange Lavoie a finalement changé son fusil d’épaule en enregistrant, jeudi matin, un plaidoyer de culpabilité sur des chefs d’agression sexuelle, voies de fait, méfait sur un cellulaire et bris d’engagements.

Les discussions entre les avocats ne sont pas étrangères à ce règlement puisqu’en bout de ligne, il a été condamné à une peine de 21 mois de prison. Il s’agit en effet d’une suggestion de sentence de la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, et de l’avocat de la défense, Me Pierre Spain, qui a été entérinée par la juge Guylaine Tremblay. Aucun procès n’a donc été nécessaire et la victime n’a pas eu à témoigner.

En tenant compte de sa détention provisoire et d’une thérapie effectuée dans un centre de désintoxication, Michel-Ange Lavoie devra donc purger sept mois et demi de prison. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec un suivi pendant deux ans. Parmi les interdictions, il ne pourra pas entrer en contact avec la victime, consommer drogue et alcool et avoir des armes en sa possession.

Les événements remontent à 2016. Comme l’a expliqué Me Tessier, la victime était en thérapie à Domrémy pour une problématique d’alcool. Elle a rencontré Michel-Ange Lavoie lors d’une sortie de week-end. Des rapprochements sexuels ont eu lieu le même soir. Le lendemain, un ami a informé la victime que Michel-Ange Lavoie était cet homme déjà condamné à 81 mois de prison pour agression sexuelle grave et pour avoir transmis le VIH à sa conjointe en 2003. Malgré tout, la jeune femme a néanmoins continué à le fréquenter, d’autant plus qu’elle était en rechute d’alcool. Il l’a alors initiée à la consommation de drogues dures tout particulièrement à la cocaïne par voie intraveineuse. Comme elle a peur des aiguilles, c’est lui qui lui injectait la drogue.

Toujours selon le résumé des faits de Me Tessier, une relation pour le moins toxique s’est installée entre eux, marquée par la violence, la consommation d’alcool et de drogue. Ils ont eu des relations sexuelles protégées et non protégées. Lors de disputes, Michel-Ange Lavoie n’hésitait pas à l’expulser pour ensuite recommencer à la fréquenter. Au cours de cette période, il lui a aussi mordu le visage près de l’œil et l’a poussée dans le bain et les escaliers.

Elle l’a quitté pour aller suivre une thérapie mais elle a de nouveau rechuté en retournant vivre auprès de lui. Elle a ensuite appris qu’il avait commencé à fréquenter une autre femme. C’est celle-ci qui lui a appris que Michel-Ange Lavoie était également atteint de l’hépatite.

Le 14 avril 2017, lors d’une autre dispute, il lui a lancé un marteau qu’elle a réussi à esquiver. Il a ensuite voulu avoir une relation sexuelle complète avec elle mais elle a refusé sous prétexte qu’elle avait ses menstruations et ne voulait pas accroître le risque de contamination. Les deux sont alors fortement intoxiqués. Comme l’a de son côté précisé Me Spain, après certaines caresses, il y a eu une pénétration incomplète en raison des troubles érectiles de son client. C’est à ce moment que la victime a fait appel aux policiers avec son téléphone cellulaire.

Michel-Ange Lavoie a ensuite été arrêté et remis en liberté avec la condition d’entreprendre une thérapie de six mois qu’il a d’ailleurs complétée avec succès. Une période d’abstinence a suivi jusqu’à une autre rechute. En novembre 2018, alors qu’il se disputait avec sa nouvelle conjointe au sujet de lumières de Noël dans un cactus, les policiers ont dû intervenir. Michel-Ange Lavoie a cette fois-ci été arrêté pour avoir enfreint des engagements lui interdisant de consommer de l’alcool et d’informer la cour de ses changements d’adresse.

La sentence de 21 mois tient compte entre autres de ses antécédents judiciaires, des circonstances de l’agression et des conséquences subies par la victime. Cette dernière n’était pas présente pour témoigner jeudi. En son nom, la procureure de la Couronne a cependant précisé que son seul souhait était qu’il reconnaisse l’avoir agressée sexuellement.

Tel que l’a mentionné Me Tessier, la plaignante a aujourd’hui refait sa vie sur des bases plus solides mais elle a craint longtemps d’être contaminée avant que les résultats des examens médicaux, tous négatifs, lui soient acheminés. Au cours de cette période d’attente, elle s’est sentie rejetée par ses proches et a vécu beaucoup de stress.