Mélissa Côté

Mélissa Côté reprend sa liberté

Trois-Rivières — Mélissa Côté, cette mère de famille qui aurait voulu faire assassiner un ex-conjoint, pourra reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre elle mais avec de sévères conditions.

Au terme d’une enquête sur caution, le juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure a en effet conclu que la prévenue pouvait être remise en liberté compte tenu des garanties proposées par la défense, de son absence d’antécédent judiciaire en matière criminelle et de la présomption d’innocence qui s’applique toujours à ce stade des procédures. 

Certes, il reconnaît que les infractions qui lui sont reprochées sont graves et que les probabilités de condamnation sont fortes compte tenu de la preuve présentée par la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay. Il s’est dit conscient également que les ex-conjoints de la suspecte pouvaient être inquiets mais il estime que des mesures d’encadrement strictes seront de nature à assurer leur sécurité. 

Rappelons qu’on reproche à Mélissa Côté d’avoir demandé à un homme qu’elle connaissait de tuer son ex-conjoint entre le 1er septembre et le 27 novembre dernier. Or, les policiers de la Sûreté du Québec ont reçu des informations confidentielles qui leur ont permis de déclencher une enquête et de faire appel à un agent d’infiltration. Le 27 novembre, la suspecte aurait donc proposé à celui-ci de faire tuer un ex-conjoint moyennant une rétribution. C’est alors qu’elle avait été arrêtée. Quatre accusations avaient ensuite été portées contre elle. Outre celle de tentative de meurtre, on lui reproche d’avoir conseillé un individu à commettre un meurtre, d’avoir conseillé un agent d’infiltration de commettre le même crime et d’avoir comploté avec lui. 

Dans le cadre de sa libération, les proches de la suspecte ont donc accepté de servir de cautions et de verser des sommes d’argent importantes pour garantir le respect des conditions. C’est ainsi que son père devra verser 10 000 $. Un autre membre de sa famille s’est pour sa part engagé pour 5000 $ dont 2000 $ avec dépôt. Le nouveau conjoint de la prévenue servira lui aussi de caution avec une somme de 2000 $ sans dépôt. 

Qui plus est, la femme de 34 ans devra désormais demeurer chez son père et y respecter un couvre-feu entre 20 h et 7 h. Elle devra se soumettre à une thérapie auprès d’un psychologue, rencontrer son médecin de famille régulièrement, prendre la médication prescrite, suivre les traitements recommandés et surtout, fournir la preuve des consultations avec le médecin et le psychologue. 

Il lui sera non seulement interdit de contacter l’ex-conjoint qu’elle aurait voulu faire assassiner mais également son autre ex-conjoint, même s’il n’a pas été visé par son projet. Les familles des deux hommes sont également incluses dans l’interdiction. Pas question non plus qu’elle s’approche de leur résidence ni même qu’elle se rende dans les villes et/ou secteurs où ces hommes demeurent, ni sur leurs lieux de travail. 

Il lui sera également interdit de communiquer avec ses propres enfants sauf dans le cadre de décisions imposées par un tribunal familial. Enfin, elle ne pourra pas avoir d’armes en sa possession. Le juge a pris soin de lui rappeler qu’elle devait maintenant se prendre en main car si elle ne respectait pas les conditions, c’est la société qui s’occuperait d’elle puisqu’elle sera ramenée en prison.    

Défendue par Me David Edmunds et Me Michel Lebrun, la suspecte a été incapable de retenir ses larmes pendant que le juge rendait sa décision. Notons qu’une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler le contenu de la preuve qui a été présentée, ce qui inclut les circonstances et les motifs des présumés délits.

La cause sera ramenée devant la Cour du Québec ce vendredi 9 février.