Médecin radié quatre mois

LOUISEVILLE — Le médecin Jean Côté sera radié temporairement durant quatre mois par le Collège des médecins. Il a commis différents manquements à l’égard d’un patient pour lequel il a notamment diagnostiqué une démence vasculaire sans l’avoir évalué et en émettant, à la demande d’un membre de la famille du patient et à l’insu de celui-ci, un billet médical attestant son aptitude à administrer ses biens, sur fond de modification de son testament.

Le docteur Côté travaille au Centre de santé et de services sociaux de la MRC de Maskinongé depuis 2004. Il est aussi médecin à la clinique Saint-Laurent de Louiseville. Les faits reprochés au docteur Côté ont été commis entre 2010 et 2014 selon le jugement du conseil de discipline du Collège des médecins rendu public le
9 novembre.

D’après la décision du conseil de discipline, le docteur Côté a transmis en octobre 2013 des informations inexactes à une travailleuse sociale d’un CSSS de la région de Sorel «en émettant un diagnostic de démence vasculaire et en notant la présence d’éléments de démence vasculaire, alors qu’il n’avait fait aucune évaluation en ce sens ni administré de test cognitif à son patient».

La question du testament arrive en février 2014. Malgré le diagnostic de démence vasculaire et l’absence d’évaluation cognitive, le docteur Côté a émis ce billet médical attestant que le patient «était apte mentalement à décider et à administrer ses biens avec assistance et explications, à la demande de la belle-soeur du patient pour que des modifications soient apportées au testament de ce dernier».

Le docteur Côté a également transmis des informations erronées ou inexactes à l’avocat du patient, en mai 2014, en disant «n’avoir jamais émis de diagnostic de démence vasculaire chez ce dernier, alors qu’il avait noté un tel diagnostic» en septembre 2013. 

En mars 2014, à la suite d’une demande de son fils et d’une travailleuse sociale concernant l’ouverture d’un régime de protection, il a déclaré que «son patient était partiellement inapte à assurer la protection de sa personne et à administrer ses
biens de manière permanente, alors qu’il n’avait pas évalué son patient avant de le déclarer inapte». Cette déclaration contredit ce que le docteur Côté affirmait un mois auparavant.

En août 2010, le docteur Côté a transmis «des informations incomplètes à la Société d’assurance automobile du Québec, notamment en rapportant dans un formulaire d’examen médical, à titre de limitations fonctionnelles, une fatigue augmentée et un ralentissement moteur associé à l’âge, alors qu’il n’avait pas rencontré son patient pour l’évaluer au sujet de son aptitude à conduire».

Le docteur Côté a été trouvé coupable sur la totalité des accusations.

Dans sa défense, le médecin indique que «les infractions ont été commises dans un contexte très particulier qui ne se reproduira plus». 

Il affirme que le patient en question n’était pas commode à gérer, refusant de prendre certains médicaments reliés à sa condition. Le patient était souvent accompagné de son épouse et d’une belle-soeur lors de ses consultations. Cette dernière est qualifiée par le docteur Côté comme étant une personne de confiance dans la famille du patient.

Pour la question du billet attestant l’aptitude mentale de son patient, le docteur Côté dit ne jamais avoir douté «qu’il pouvait y avoir un quelconque sous-entendu derrière cette demande ni qu’il y avait un quelconque conflit familial à ce moment-là». 

Il affirme ne pas être au courant d’un désaccord familial concernant son patient, mais il reconnaît son erreur d’avoir écrit un tel billet sans évaluation du patient.

Concernant le diagnostic de démence vasculaire, le docteur Côté regrette sincèrement avoir écrit ces mots dans un formulaire, alors qu’il n’y a jamais eu d’évaluation. Il reconnaît qu’il aurait dû se limiter à écrire qu’il y avait possibilité de démence vasculaire, le docteur ayant
remarqué auprès de son patient qu’il affichait une plus grande perte d’autonomie et qu’il semblait dans un état de grande fatigue et de détresse.

La radiation temporaire du docteur Côté commencera le 18 décembre, à moins qu’une requête en appel ne soit déposée.