Paul Magnan a pu retrouver sa liberté pour la suite des procédures judiciaires.

Magnan libéré, Binet demeure détenu

Le Hells Angels Paul Magnan, arrêté le 31 mai dernier dans le cadre de l'opération Projet Ouest qui visait un réseau de trafic de stupéfiants en Mauricie, a été remis en liberté vendredi, au terme de son enquête sur caution au palais de justice de Trois-Rivières. Pour sa part, le présumé membre du club-école Deimos Crew, Jean-Claude Binet, lui aussi arrêté au même moment, a échoué dans sa tentative de retrouver sa liberté et demeurera détenu pour le reste des procédures judiciaires contre lui.
Jean-Claude Binet demeurera détenu pour le reste des procédures.
Selon la décision rendue par le juge David Bouchard, Jean-Claude Binet n'a pas offert de garanties suffisantes pour rassurer le tribunal quant à sa remise en liberté pour le reste des procédures. Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler le contenu de la preuve dans cette histoire, mais le juge a souligné qu'au terme de la présentation de cette preuve dans le cadre de l'enquête sur caution, il existait une probabilité de condamnation pour Binet. En outre, le tribunal ne pouvait conclure à une absence de dangerosité ou de risque de récidive pour cet homme qui possède plusieurs antécédents, notamment de voies de fait.
Le juge Bouchard a donc ordonné sa détention pour le reste des procédures dans son cas.
Quant à Paul Magnan, le juge a indiqué qu'il ne pouvait pas conclure objectivement à l'existence d'une probabilité de condamnation et que les garanties qui lui avaient été données rassuraient le tribunal et ne portaient pas atteinte à la confiance du public dans le système de justice étant donné les faits présentés.
Magnan a toutefois été remis en liberté sous de sévères conditions, dont une caution de 10 000 $ avec dépôt d'un membre de sa famille, de même qu'un engagement sans dépôt de 5000 $ de sa part. Il devra respecter un couvre-feu à sa résidence de Saint-Ubalde de 20 h à 6 h, sauf pour travail ou urgence médicale, ne peut pas quitter le Québec et ne peut pas non plus se rendre dans les locaux occupés ou loués par les organisations des Hells Angels ou des Deimos Crew. Il ne peut en outre pas communiquer avec tous les membres en règle des Hells Angels et des Deimos Crew, de même qu'avec les personnes accusées dans le Projet Ouest, sauf pour préparer sa défense, et ne peut non plus entrer en contact avec quiconque ayant des antécédents ou une cause pendante en matière de trafic de stupéfiants. Il pourra faire usage d'un seul téléphone cellulaire, mais devra transmettre à tous les mois ses relevés d'appels à l'enquêteur au dossier. Finalement, il ne pourra se trouver dans les bars et établissements licenciés, sauf les restaurants pour y consommer un repas.
Les deux individus, qui ont été arrêtés le 31 mai dernier, sont accusés de gangstérisme, complot pour trafic de stupéfiants, trafic de stupéfiants et/ou recyclage des produits de la criminalité. Paul Magnan est aussi accusé de possession aux fins de trafic de méthamphétamines, possession de résine de cannabis, possession d'argent (890 $) obtenu illégalement et diverses autres infractions liées à la possession et l'entreposage d'armes. Jean-Claude Binet doit pour sa part répondre à des chefs de trafic de cocaïne, possession pour fins de trafic de haschich, bris d'engagement, bris de probation et autres infractions en lien avec les armes.
Rappelons que l'Escouade régionale mixte de la Mauricie a réalisé une frappe policière majeure le 31 mai en s'attaquant à des présumés membres d'un groupe de motards criminalisés, plus précisément les Deimos Crew, un club-école des Hells Angels de Trois-Rivières. Selon les forces de l'ordre, cette organisation avait le contrôle exclusif de la vente de cocaïne, de méthamphétamines et du cannabis à Trois-Rivières, Shawinigan, Louiseville, Maskinongé et Portneuf.
Sur la trentaine d'individus qui ont été arrêtés, la majorité ont pu reprendre leur liberté avec de sévères conditions et des cautions à payer. Outre Jean-Claude Binet, seuls Éric Sirois, Kiven Ricard et Stéphane Denis doivent rester détenus jusqu'à la fin des procédures.
Avec la collaboration de Nancy Massicotte