Sur la photo, on voit quelques-uns des Raëliens qui ont intenté la poursuite civile contre l'UQTR dont Sylvie Chabot à l'extrême droite, porte-parole de Clitoraid et responsable des collectes de fonds.

L'UQTR et les Raëliens croisent le fer en cour

«Adoptez un clitoris! Faites un don pour l'hôpital du plaisir!» C'est ce slogan de l'organisme Clitoraid qui a valu à des membres du Mouvement raëlien d'être expulsés des locaux de l'Université de Québec à Trois-Rivières en décembre 2006.
<p>L'avocat de Mike Ward, Julius Grey</p>
C'est du moins la défense qui a été présentée, mercredi, par l'UQTR et son ancien directeur du service des équipements, Yves Gabias, dans le cadre du procès civil qui les oppose à cinq Raëliens. Leurs croyances religieuses ne seraient pas en cause mais plutôt le message véhiculé, qui n'était pas conforme à la politique institutionnelle de l'établissement.
On sait qu'Alain Gauthier, Sylvie Chabot, Sylvie Tremblay, Damien Francoeur et Rodolphe Samson, ont intenté une poursuite civile dans laquelle ils réclament la somme totale de 80 000 $ à l'UQTR et à Yves Gabias pour atteinte à la dignité, inconvénients subis et dommages exemplaires.
Ils avaient en effet été expulsés des locaux quelques heures après avoir installé un stand, près de la cafétéria, pour tenir une collecte de fonds au profit de Clitoraid. Il s'agit d'un organisme dont l'objectif était de financer la construction d'un hôpital dédié à la reconstruction chirurgicale chez les victimes de l'excision.
Pourtant, ils soutiennent que la demande avait été formulée en bonne et due forme par Alain Gauthier, alors étudiant à l'UQTR, auprès de la direction du service des équipements de l'UQTR, afin d'installer le kiosque.
Le 4 décembre, celui-ci s'était d'ailleurs présenté comme prévu à l'espace qui lui était réservé en compagnie de quatre autres membres du Mouvement raëlien. Or, les demandeurs prétendent que l'UQTR les aurait expulsés après avoir découvert leur appartenance au Mouvement raëlien, ce qui constitue de la discrimination selon eux.  
Dans le cadre du procès présidé par le juge Pierre Labbé, on a ainsi pu entendre, mercredi, les cinq Raëliens raconter leur version de l'histoire. À titre d'étudiant de l'UQTR en biophysique, Alain Gauthier est celui qui a réservé l'emplacement. Il affirme avoir parlé de Clitoraid dans sa demande. Quant à son appartenance au Mouvement raëlien, il considère qu'elle était connue de tous, tant les étudiants que le corps professoral, d'autant qu'il porte toujours le médaillon symbole au cou.
Interrogé par son avocat, Me Julius Grey, à savoir comment il s'était senti, il a répondu: «Le refus était basé sur la religion. Ce n'était pas le premier qu'on subissait. On accepte que tu sois étudiant à l'UQTR mais sous certaines conditions.»
Sylvie Chabot, porte-parole de Clitoraid et responsable des collectes de fonds, a elle aussi mentionné que les Raëliens étaient perçus comme des «étranges» et «pas humains». Les médias les décriraient de façon sensationnelle en falsifiant la vérité. «J'ai ressenti de la colère et de l'indignation devant si peu d'ouverture de la part d'une université alors que nous sommes là pour lutter pour une cause qui est un fléau», a-t-elle déploré.
Photos à l'appui, elle a d'ailleurs pris soin de mentionner que le fameux hôpital allait bientôt ouvrir ses portes en Afrique. Par contre, lorsque contre-interrogée par l'avocate de l'UQTR, Me Geneviève Cotman, elle a admis que Clitoraid était à l'époque peu connu et que les slogans ont été modifiés pour y rajouter le mot dignité. On a aussi pu apprendre, mercredi, que Clitoraid n'est pas reconnu comme un organisme à but non lucratif tant au Québec qu'au Canada.
Par la suite, ce fut au tour de l'ancien agent des communications de l'UQTR, Claude Paradis, de témoigner. C'est en passant tout bonnement devant le kiosque qu'il a aperçu à sa grande surprise les affiches de Clitoraid. «Ça génère pas quelque chose de très sérieux dans une université. Le message n'était pas pertinent pour une collecte de fonds», a notamment indiqué M Paradis.
En faisant plus tard des recherches, il a découvert que Clitoraid et Clonaid étaient reliés, étant tous les deux dirigés et administrés par Thomas Kaezig et Brigitte Roehr, connue autrefois sous le nom de Brigitte Boisselier.
Dès lors, il a informé Yves Gabias qui n'était pas au courant de la présence d'un tel kiosque. Lui aussi a fait des vérifications et aurait appris qu'Alain Gauthier n'avait pas été très explicite dans sa demande. Selon lui, on lui avait fait confiance comme aux autres étudiants sans trop poser de questions. Il ignorait tout d'ailleurs des croyances religieuses des cinq personnes dans le kiosque. «Je n'ai rien contre les Raëliens mais contre le message qui était véhiculé», a-t-il assuré.
Le procès va se poursuivre aujourd'hui avec les plaidoiries des avocats.