William Labranche fait face à une trentaine de chefs d'accusation pour des agressions sexuelles.

L'une des présumées victimes de William Labranche s'est sentie coupable

Il aura fallu le dépôt d'une autre plainte de violence sexuelle contre William Labranche pour que la jeune femme qui aurait été agressée sexuellement par celui-ci entre 2011 et 2014 se décide finalement à porter plainte à son tour.
En effet, cette dernière a raconté, mercredi, qu'après la fin de leur relation en 2013 et d'autres événements d'intimidation qui se seraient poursuivis jusqu'au début de 2014, elle avait décidé de ne pas le dénoncer aux autorités.
«Il m'avait dit que ce j'avais subi était de ma faute parce que j'avais été trop gentille. Je voulais donc penser à moi et poursuivre mes études. Je n'avais pas le temps et l'énergie nécessaires pour m'engager dans une poursuite contre lui, surtout que ça me causait beaucoup de stress», a-t-elle raconté dans le cadre de l'interrogatoire en chef mené par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, au procès de William Labranche.
Or, elle a appris par le biais du Nouvelliste que William Labranche aurait fait une autre victime entre le 19 et le 21 avril 2015. Les faits qui lui sont reprochés sont sensiblement les mêmes, soit agression sexuelle, agression sexuelle causant des lésions, voies de fait, agression armée, séquestration et menaces.
«J'ai réalisé qu'il y avait des répercussions ailleurs. Je me sentais coupable. Si je n'avais pas pensé seulement à moi et si j'avais porté plainte, l'autre victime n'aurait pas subi tout cela», a-t-elle déclaré en larmes. En octobre 2015, elle a donc décidé de déposer sa plainte.
Elle a également indiqué que même après leur rupture, elle aurait gardé contact avec lui car elle l'avait endossé pour l'achat d'un véhicule. À chaque mois, il devait lui verser le paiement inhérent. Lors de son incarcération, elle aurait donc dû faire une faillite.
Elle a également avoué se rappeler d'une autre relation sexuelle survenue après leur rupture dans le cadre d'une sortie à Montréal avec lui.
«Il était devenu plus gentil depuis que nous n'étions plus en couple. Il me traitait comme une reine. Et pour une fois, c'est moi qui décidais. C'est moi qui avais le contrôle et pouvais décider d'avoir des relations avec lui», a-t-elle avoué, précisant qu'elles avaient été sans violence. 
À quelques reprises, le suspect aurait malgré tout fait preuve d'intimidation en l'incitant à conduire son véhicule avec les capacités affaiblies, en lui faisant prendre un acide dont l'effet a duré 36 heures et en s'introduisant chez elle à deux reprises sans son accord.
Par la suite, Me Pénélope Provencher, l'avocate de la défense, a commencé à contre-interroger la plaignante pour miner sa crédibilité en insistant tout particulièrement sur des contradictions qu'elle a relevées entre son témoignage et ses autres déclarations.
La jeune femme a rétorqué avoir beaucoup de difficulté à situer dans le temps plusieurs détails parce qu'ils remontent à longtemps ou parce qu'elle était sous l'influence des drogues. 
Me Provencher lui a notamment posé plusieurs questions en lien avec la notion de consentement qui est au coeur de ce litige. Elle a répondu que la majorité des relations qu'elle avait eues avec William Labranche dans des endroits publics comme des parcs, campings et des toilettes de bars, étaient consensuelles puisqu'il ne faisait pas preuve de violence à son égard.
Par contre, en ce qui concerne les rapports qui ont eu lieu en privé, elle soutient ne pas avoir de souvenir qu'elle avait pu être consentante. 
Elle a aussi admis avoir été quelquefois consentante à prendre de la drogue avec William Labranche lorsqu'elle le fréquentait et même lui en avoir déjà volée. 
Le contre-interrogatoire va se poursuivre ce jeudi.