La juge Guylaine Tremblay a décidé que la détention du père abuseur était nécessaire pour la durée des procédures judiciaires, dans le but de ne pas miner la confiance du public en l’administration de la justice.

Liberté refusée pour un présumé père abuseur

TROIS-RIVIÈRES — Cet homme de 49 ans, qui se serait livré à des sévices physiques et sexuels sur trois de ses filles pendant plusieurs années, a échoué dans sa tentative de reprendre sa liberté.

Au terme d’une enquête sur caution qui s’est tenue, mardi, au palais de justice de Trois-Rivières, la juge Guylaine Tremblay a en effet conclu que sa détention était nécessaire pour la durée des procédures judiciaires intentées contre lui, et ce, principalement dans le but de ne pas miner la confiance du public en l’administration de la justice.

Parmi les raisons qu’elle a invoquées dans sa décision, elle estime que la preuve présentée devant elle par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, est accablante et que la gravité, tant objective que subjective des crimes, est très importante. Elle a aussi tenu compte de la durée des infractions qui s’est étirée pendant plusieurs années, de leur fréquence, des antécédents judiciaires de cet homme et de son mode de vie.

Notons cependant qu’une ordonnance de non-publication nous interdit à ce stade des procédures de révéler le contenu de la preuve et des témoignages qui ont été entendus.

On peut cependant rappeler que cet homme fait face à plus d’une vingtaine de chefs d’accusations. On lui reproche d’avoir abusé sexuellement de ses deux filles adoptives, de les avoir frappées, malmenées, séquestrées et menacées dans la période comprise entre 1996 et 2018. Les événements seraient survenus à Saint-Maurice, St-Gérard-des-Laurentides et Trois-Rivières. La plus jeune des filles aurait été victime d’abus sexuels et de voies de fait par son père adoptif entre l’âge de 3 à 18 ans. En ce qui concerne l’autre fille adoptive, les abus sexuels et physiques se seraient déroulés alors qu’elle était âgée entre 8-9 et 26 ans.

Cet homme, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des présumées victimes, doit aussi répondre à des accusations d’attouchements sexuels et de voies de fait sur sa fille naturelle alors que celle-ci avait entre 3 et 7 ans. Les délits auraient été commis entre 2010 et 2018. Défendu par Me David Edmunds, il doit revenir en cour le 1er avril.

Sa conjointe et mère naturelle des trois présumées victimes avait elle aussi été arrêtée le 23 janvier dernier pour des voies de fait sur deux de ses filles et pour les avoir séquestrées entre 1996 et 2011. La femme de 44 ans aurait également utilisé un couteau contre une de ses filles. Enfin, on lui reproche d’avoir agressé sexuellement l’une d’elles entre 2010 et 2018.

Contrairement à son conjoint, cette femme avait cependant pu reprendre sa liberté pour la durée des procédures judiciaires mais avec plusieurs conditions. Elle devra revenir en cour le 22 mars pour la suite des procédures.