Frank Basil Cranton

L’homme aux 100 identités règle ses dossiers

TROIS-RIVIÈRES — Frank Basil Cranton, l’homme aux 100 identités, a finalement réglé ses dossiers, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières en plaidant coupable à des accusations de menaces de mort contre des agents de services correctionnels de la prison de Trois-Rivières.

À la lumière d’une suggestion formulée par le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté (que Cranton a lui-même approuvée), la juge Dominique Slater l’a condamné au temps passé en détention préventive, soit 50 jours, plus une journée. Il a donc pu reprendre sa liberté en fin de journée. Il devra cependant respecter une probation pendant trois ans au cours de laquelle il lui sera interdit de se trouver dans la ville de Trois-Rivières. Il a d’ailleurs sept jours pour quitter la ville et retourner à Montréal. Il s’est aussi engagé à utiliser un seul nom comme identité soit celui de Frank Basil Cranton. Il ne peut donc pas changer de nom. De même, il lui est interdit d’avoir en sa possession des documents bancaires qui ne sont pas libellés à ce nom. Il doit également informer le greffe de tout changement d’adresse et d’occupation.

Rappelons que les menaces ont été commises le 16 avril dernier au Centre de détention de Trois-Rivières pendant qu’il purgeait sa peine de 16 mois de prison pour des tentatives de fraudes dans des commerces de Trois-Rivières et pour entrave au travail des policiers en fournissant une fausse identité. Cet anglophone avait notamment dit qu’il allait les «smasher.»

Au départ, son dossier devait être transféré à Montréal pour y enregistrer des plaidoyers de culpabilité mais pour des raisons inconnues, il n’a jamais comparu même s’il a été amené au palais de justice. Informé de la situation, Me Beauchamp-Laliberté a donc fait des démarches pour que le prévenu, qui n’a pas d’avocat, soit ramené à Trois-Rivières pour régler le dossier une fois pour toutes.

Rappelons que cet homme compterait des dizaines d’antécédents pour des fraudes, des entraves, des vols, des méfaits, des omissions de comparaître et des infractions reliées à son identité. Il en compte une centaine au fil de ses condamnations. Il fait l’objet de mandats d’arrestation dans cinq autres provinces canadiennes mais le problème est que les autres provinces n’ont pas donné juridiction au Québec pour exécuter lesdits mandats.