Basil Frank Cranton

L’homme aux 100 identités de nouveau arrêté

Trois-Rivières — Basil Frank Cranton, cet individu aux 100 identités qui avait été arrêté en décembre dernier pour des tentatives de fraude dans des commerces de la région et entrave au travail des policiers, a été ramené devant le tribunal, mercredi, pour de nouvelles infractions.

Cette fois-ci, on l’accuse d’avoir proféré des menaces contre deux agents et de s’être livré à des voies de fait contre l’un d’eux. Les événements seraient survenus le 16 avril dernier à la prison de Trois-Rivières pendant qu’il purgeait une peine de prison pour ses délits antérieurs. Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre, il aurait notamment utilisé un crayon comme arme pour menacer les agents sans toutefois les atteindre physiquement.

L’homme de 50 ans a donc comparu devant le juge Jacques Lacoursière pour y répondre aux chefs de menaces et voies de fait. Pour l’occasion, il a bénéficié de l’assistance de Me Corinne Tremblay de l’aide juridique, bien qu’il soit encore trop tôt pour savoir si elle assurera sa défense pour les procédures judiciaires à venir.

Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, s’est objecté à sa remise en liberté en rappelant que l’individu est toujours recherché dans d’autres provinces canadiennes pour des fraudes. «Le problème est que ces provinces n’ont pas autorisé le Québec à exécuter les mandats d’arrestation afin qu’il y soit transféré et qu’il fasse face à la justice», a-t-il précisé.

Un mandat d’arrestation a été lancé en 2004 contre Cranton en Nouvelle-Écosse pour fraude, vol et omission de respecter des conditions. Il n’aurait jamais comparu. Il est aussi recherché au Manitoba pour fraude et bris de probation, des actes qui auraient été commis en 2010. Des mandats ont aussi été émis pour fraude en Saskatchewan, entrave au travail des policiers et omission de comparaître au Nouveau-Brunswick et bris de probation en Ontario.

Qui plus est, l’individu est bien connu pour se déplacer constamment au Canada (une juge l’a même qualifié de «pigeon voyageur») et fournir de fausses identités aux policiers. Il en compte pas moins d’une centaine. Dans cette optique, Me Beauchamp-Laliberté ne veut pas prendre de chance. Les motifs invoqués pour l’objection à sa remise en liberté sont le risque de fuite, le fait que les nouvelles infractions auraient été commises alors qu’il était en détention et ses nombreux antécédents judiciaires.

Rappelons que Cranton a été condamné en avril dernier à une peine de 16 mois de prison, moins la détention préventive, pour des tentatives de fraudes perpétrées chez Best Buy et Costco à Trois-Rivières en décembre 2018 et pour entrave au travail des policiers.

Son stratagème consistait à voler de la marchandise à l’intérieur d’un commerce de grande surface et à se présenter ensuite immédiatement au comptoir de retour pour obtenir le remboursement de l’article. Afin d’accélérer la démarche, étant donné qu’il n’était pas en possession de la facture, il mentionnait avoir eu l’autorisation du directeur du commerce.

À chaque fois, il avait fourni de fausses identités, notamment aux policiers, lorsqu’il avait été arrêté après avoir fui le Costco. En lien avec ces crimes, Cranton devrait justement être libéré ce 21 octobre.

L’enquête sur caution pour les nouvelles infractions dont il est accusé a donc été fixée à mardi. Un interprète judiciaire devrait être sur place puisqu’il est anglophone.

Notons que les accusations ont été portées par voie de déclaration sommaire, de sorte qu’il devra subir un procès devant un juge seul et non devant un jury, et ce, même s’il le demande.

On sait que dans le cadre des précédentes procédures judiciaires, Cranton n’avait pas d’avocat. La patience du tribunal avait été mise à rude épreuve à cause de son comportement tatillon et revendicateur. Lors de son procès, il avait notamment déposé de nombreuses requêtes qui avaient retardé les procédures.