Réjean Lefebvre a admis s’être livré à des abus sexuels sur quatre mineures entre 1990 et 2017. Il devra revenir en cour le 7 février pour les plaidoiries sur la sentence.

L’ex-député Réjean Lefebvre plaide coupable

SHAWINIGAN — Un ancien député du Bloc québécois, Réjean Lefebvre, a plaidé coupable à une série d’accusations pour des gestes de nature sexuelle qui ont été commis contre quatre mineures entre 1990 et 2017 à Saint-Adelphe.

Lors de son retour au palais de justice de Shawinigan lundi, le septuagénaire a en effet reconnu s’être livré à des agressions sexuelles et des attouchements sexuels sur des jeunes filles à plusieurs reprises au cours des 28 dernières années. Les premiers événements remontent au début des années 90. La victime était alors âgée entre 12-13 ans. À deux reprises entre 1990 et 1992, il s’est approché d’elle par l’arrière afin de lui mettre la main sur les seins. À une reprise aussi, il en a profité pour toucher ses parties génitales par-dessus ses vêtements. Puis entre 1995 et 1998, il a récidivé cette fois-ci avec une adolescente âgée entre 14 et 16 ans. À une seule occasion, il est arrivé derrière elle pour lui mettre une main sur la bouche et l’autre sur les seins. Il l’aurait ainsi touchée pendant une dizaine de minutes selon la procureure de la Couronne, Me Audrey-Anne Boily. Il a admis le délit mais s’est dit en désaccord avec la durée des attouchements.

Entre 2003 et 2006, Réjean Lefebvre s’est ensuite livré à une trentaine d’agressions et de contacts sexuels sur une enfant âgée entre 4 et 7 ans. Tel que l’a expliqué Me Boily, il a utilisé ses doigts pour pénétrer son vagin à cinq ou six reprises. Il s’est aussi livré à une vingtaine de cunnilingus. Il aurait également pris la main de l’enfant pour la mettre sur son pénis.

Encore là, l’avocat de la défense, Me Bertrand Jacob, a tenu à apporter certaines précisions, et ce, à la demande de son client. Ce dernier a admis les attouchements dans son vagin et les cunnilingus mais a formellement nié avoir demandé à la petite de le toucher. Il a également soutenu que selon lui, l’enfant avait 7 ans et non 4.

Par contre, même si les deux parties ne s’entendaient pas sur le nombre exact de délits, l’essentiel des faits a été admis et Réjean Lefebvre a plaidé coupable aux chefs de contacts sexuels et agressions sexuelles. Sur ce point, le juge David Bouchard a d’ailleurs tenu à s’assurer de la validité de son plaidoyer.

En ce qui concerne la quatrième victime, elle avait 9 ans. Les événements sont survenus en 2017. Réjean Lefebvre l’a embrassée sur la bouche, lui a touché les seins et la vulve par-dessus ses vêtements mais il a aussi pris soin de lui demander de ne jamais en parler en lui promettant des cadeaux.

Or, c’est pourtant elle qui a verbalisé en tout premier lieu l’agression sexuelle dont elle avait été victime. Une enquête a donc été entreprise par la police, ce qui a donné lieu au dépôt de nouvelles plaintes en provenance des trois autres victimes.

Tandis qu’il se trouvait devant le tribunal lundi matin, Réjean Lefebvre a répété à deux, trois reprises qu’il n’y avait pas d’enfant qui l’avait touché. Son avocat a par ailleurs souligné que l’ancien député consultait désormais un psychologue et qu’il suivait le Programme d’évaluation et de traitement des agressions sexuelles (Petas).

À la demande de la Couronne, un rapport présentenciel et un rapport sexologique seront néanmoins confectionnés pour guider le tribunal sur la peine à imposer. Les plaidoiries ont été reportées au 7 février.

Rappelons que l’homme avait été maire de Saint-Adelphe avant de se lancer en politique fédérale. Il avait été élu député de Champlain pour le Bloc québécois en 1993 puis réélu en 1997. En 1999, il avait quitté le caucus de son parti pour siéger comme indépendant en raison de ses problèmes d’alcool. À trois reprises, il avait d’ailleurs été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies, dont deux fois en 1994. Il avait été acquitté à une occasion.