Le palais de justice de Trois-Rivières.

Leurre et pornographie juvénile: Louis-Philippe Fleury subira une évaluation psychiatrique

Plus d'un an après avoir été arrêté pour leurre et production de pornographie juvénile, Louis-Philippe Fleury devra finalement subir une évaluation visant à évaluer sa responsabilité criminelle.
Lors du retour en cour du jeune prévenu mardi, son avocat Me Pierre Spain a en effet demandé au tribunal qu'il prononce une ordonnance à cet effet en vue d'une possible défense de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux. Invité à expliquer sous quels motifs il faisait cette soudaine demande, il a fait témoigner son client devant le juge Jacques Trudel.
Louis-Philippe Fleury, 20 ans, a alors expliqué qu'il avait un retard mental de six ans, qu'il souffrait d'un TDAH et du syndrome d'alcoolisation foetale. Ses propos ont ensuite été confirmés par sa mère adoptive qui a fait mention de ses difficultés d'apprentissage et des problèmes à gérer certains aspects de sa vie, notamment ses finances personnelles. Sa mère biologique a elle aussi parlé du retard mental dont souffrait son fils. 
Lors du contre-interrogatoire du procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, il a par contre avoué qu'il avait été capable d'exercer un emploi pendant plusieurs mois avant d'être congédié à la suite du dépôt des accusations portées contre lui et de vivre en appartement.
C'est pourquoi Me Poirier s'est objecté à la requête de Me Spain en faisant valoir son autonomie. Il a de plus précisé qu'il faudrait qu'un psychiatre soit en mesure de déterminer s'il avait des troubles mentaux qui le rendaient incapables de juger de la qualité de ses actes ou de savoir que ceux-ci était mauvais entre février 2016 et mars 2016, c'est-à-dire il y a près de deux ans. 
Rappelons ici que Louis-Philippe Fleury de Notre-Dame-du-Mont-Carmel est accusé de production de pornographie juvénile et de leurre auprès d'une personne de moins de 16 ans dans le but de perpétrer un crime de nature sexuelle. Il aurait notamment communiqué avec une personne mineure avant d'être piégé par un agent d'infiltration.
Me Spain a indiqué qu'au moment des présumés délits, le suspect avait 19 ans, soit l'équivalent de 13 ans d'âge mental, ce qui le rendrait facilement piégeable. Selon lui, il serait donc opportun de le faire examiner par un psychiatre pour savoir si ses problématique de santé mentale, même si on ne parle pas ici de schizophrénie, pourraient l'empêcher de distinguer le bien du mal dans certaines circonstances.
Il a aussi mentionné que l'accusation de production de pornographie juvénile portée contre son client résultait uniquement des communications qu'il avait eues sur Internet avec l'agent d'infiltration et la présumée victime. 
Le juge Trudel a finalement conclu qu'il y avait matière à ordonner une évaluation sur sa responsabilité criminelle en raison de la nature de infractions et des déficiences dont souffre le suspect.
Louis-Philippe Fleury devra revenir en cour le 1er décembre. Les résultats de l'évaluation devraient alors être connus.