On voit ici Patrick Meza quelques minutes avant qu’il ne soit envoyé en prison pour leurre.

Leurre envers une adolescente: neuf mois de prison pour Patrick Meza

Trois-Rivières — Le juge David Bouchard a entériné, vendredi, la suggestion commune de sentence soumise par les avocates en condamnant Patrick Meza à neuf mois de prison pour leurre envers une jeune fille de 15 ans.

Il a en effet conclu que la suggestion de Me Catherine Lemay à la Couronne et Me Pénélope Provencher à la Défense n’était pas déraisonnable dans les circonstances. Ainsi, en tenant compte de sa détention préventive de 30 jours, Patrick Meza aura huit autres mois à purger. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec suivi. Il devra notamment respecter plusieurs conditions dont celle de suivre les recommandations de son agent de probation quant à un suivi sexologique. Il lui sera interdit de contacter ou de se trouver en présence de la victime et de sa famille, ni même de se trouver à moins de deux kilomètres de leur résidence. Il ne pourra pas utiliser Internet tant qu’il n’aura pas complété une thérapie à la satisfaction de l’agent de probation.

Enfin, pendant 15 ans, il devra se soumettre à une série d’interdictions l’empêchant de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans sauf exceptions prévues par le juge. Il sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 10 ans.

Patrick Meza, 44 ans de Trois-Rivières, a plaidé coupable en septembre dernier à une accusation de leurre. Du coup, il avait admis avoir entretenu une correspondance et des contacts avec une jeune fille âgée de 15 ans et d’avoir fait en sorte que celle-ci tombe amoureuse de lui.

Selon la preuve, les événements se seraient déroulés entre le 17 août et le 17 septembre 2017. L’adolescente, qui souffre d’une légère déficience intellectuelle, demeurait dans le même quartier que Meza. C’est ainsi qu’ils s’étaient rencontrés. Meza a ensuite profité de sa vulnérabilité pour gagner sa confiance. Plusieurs courriels et appels téléphoniques ont été échangés dans lesquels Meza et la jeune fille discutaient du fait qu’elle voulait vivre avec lui, se marier et avoir cinq enfants. Meza lui a notamment écrit qu’il était en accord avec son souhait d’avoir cinq enfants. Il disait aussi avoir hâte de faire l’amour avec elle et qu’il l’aimait «au point de faire de la prison».

Ils ont même passé une nuit ensemble dans la camionnette de l’accusé, au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, où ils auraient discuté de sexualité et se seraient embrassés. Aucune preuve n’a cependant été faite sur des contacts sexuels entre les deux personnes lors de cette nuit.

La mère de la jeune fille a pour sa part clairement manifesté à Patrick Meza qu’elle désapprouvait cette relation et qu’elle ne voulait plus qu’il la voie. Le 17 septembre 2017, elle a constaté que les deux étaient encore en contact et elle a prévenu les policiers. Une plainte a ensuite été portée aux autorités policières, malgré les protestations de sa fille. Cette dernière a d’ailleurs fui le domicile pour se rendre près de la maison de Meza, où elle a été retrouvée et finalement prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse.

Même s’il a plaidé coupable, Meza soutient qu’il n’avait jamais voulu abuser ou profiter de cette jeune fille, avoir des enfants et faire sa vie avec elle. Il avait indiqué avoir senti chez la jeune femme une grande fragilité et avoir agi «dans le but de lui redonner la flamme, de lui redonner confiance en elle».