Jean St-Onge a écopé de 12 mois de prison pour son crime.

Leurre d'enfants: 12 mois de prison pour Jean St-Onge

Jean St-Onge devra purger une peine de 12 mois de prison pour des leurres d'enfants sur Internet.
Même si la Couronne avait réclamé une peine de 15 mois de prison en insistant sur les facteurs aggravants, la juge Dominique Slater a conclu, jeudi après-midi, que la peine minimale réclamée par l'avocat de la défense, Me Pierre Spain, était suffisante dans les circonstances pour appliquer les facteurs de dénonciation et dissuasion, d'autant plus que l'individu n'avait pas d'antécédents judiciaires. 
Dans cette cause, le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, avait demandé une peine plus élevée que le minimum prévu par la loi en rappelant que l'individu avait commis des leurres envers deux personnes, soit en avril et mai 2012 avec une adolescente de 15 ans puis en novembre de la même année avec une personne de 14 ans. Dans les faits, cette dernière était une agente d'infiltration. 
Me Poirier avait aussi pris soin de déposer en preuve le contenu des propos que Saint-Onge avait tenus avec l'adolescente de 15 ans pour démontrer qu'il voulait ainsi favoriser la perpétration d'une infraction de nature sexuelle. De même, il avait souligné que le prévenu avait prémédité son geste puisqu'il s'était créé un faux profil sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour un adolescent de 16 ans. 
Enfin, il avait insisté sur l'importance de la dissuasion personnelle dans la peine à appliquer puisque l'individu présentait encore des risques de récidive selon les rapports présentenciel et sexologique. En ce sens, il a rappelé que 54 mois après son arrestation, Saint-Onge ne s'était toujours pas investi dans une thérapie sur la sexualité et n'était toujours pas en mesure d'expliquer pourquoi il avait commis pareils gestes.
La défense avait plutôt suggéré la peine minimale sous prétexte que Jean Saint-Onge avait plaidé coupable, admis ses torts et que les conséquences de son arrestation avaient été désastreuses dans sa vie. Sa conjointe l'avait quitté, il ne réussissait plus à se trouver un emploi et il avait souffert de l'opprobre en raison de la médiatisation. Me Spain avait aussi précisé que la peine minimale était entrée en vigueur entre les deux infractions qui lui sont reprochées, soit en août 2012. 
La juge a certes tenu compte des impacts énormes que le processus judiciaire avait eus dans sa vie mais également du fait qu'il bénéficie toujours du support de sa famille. Jean Saint-Onge a pour sa part pris la parole pour réitérer ses regrets sincères. Il a d'ailleurs qualifié les propos qu'il avait tenus comme étant «abjects et répugnants.» Encore aujourd'hui, il ne comprend pas comment il a pu écrire pareilles choses. «Je n'ai jamais voulu faire du mal à quiconque», s'est-il défendu.
Ses remords et le fait qu'il ne souffre pas d'une psychopathologie majeure ont d'ailleurs été pris en considération par le juge. D'un autre côté, elle s'est montrée perplexe sur le fait qu'il fournisse peu d'explications sur les raisons réelles de son passage à l'acte et non pas seulement le fait qu'il était dans une période de sa vie où il était désorganisé, sans emploi et dans un mode de vie oisif.
C'est pourquoi elle lui a imposé une probation de deux ans avec l'obligation de compléter une thérapie de groupe sur la sexualité à sa sortie de prison. 
Jean Saint-Onge sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. Et durant l'année suivant sa sortie de prison, il lui sera interdit de se rendre dans les endroits publics comme les parcs, les garderies et les écoles où des jeunes de moins de 16 ans sont susceptibles de se trouver.
Il ne pourra pas non plus approcher à moins de deux kilomètres la résidence de la victime de 15 ans, occuper un emploi avec des jeunes de moins de 16 ans ni même avoir des contacts avec eux sauf sous la supervision d'un adulte au fait de la présente affaire. Enfin, il ne pourra pas utiliser Internet pour communiquer avec des jeunes de moins de 16 ans.