Le pistolet à impulsion électrique sera déployé à la police de Trois-Rivières en 2018.

Les policiers trifluviens auront le pistolet Taser

La multiplication des interventions en lien avec les problématiques de santé mentale pousse la Direction de la police de Trois-Rivières à équiper certains de ses policiers de pistolets à impulsion électrique, communément appelés pistolets Taser. L'arme devrait être déployée dans le corps policier dès le début de l'année 2018.
Le directeur de la police de Trois-Rivières, René Martin.
L'annonce en a été faite à l'occasion du dévoilement du rapport annuel de la police de Trois-Rivières, vendredi matin. Si le nouveau directeur René Martin constate une baisse importante de 14 % de la criminalité en général sur le territoire par rapport à l'année dernière, il en est autrement pour les interventions liées à des troubles de santé mentale. En 2016, 469 interventions ont été faites en ce sens, représentant plus de 800 heures de travail policier, et nécessitant une formation bien particulière pour chacun d'eux.
Chaque policier a donc assisté à des séances d'information sur la santé mentale. À l'automne, plusieurs iront suivre une formation en désescalade à l'École nationale de police du Québec à Nicolet. Au total, de 25 à 30 patrouilleurs seront formés pour l'utilisation du pistolet Taser, soit environ cinq policiers par équipe.
«Nos policiers sont de plus en plus confrontés au phénomène des troubles de santé mentale. Autant au niveau de la formation que des outils de travail, on s'est questionné là-dessus. On a fait des recherches. Dans le meilleur des scénarios, on souhaite ne pas s'en servir. Mais il s'agit d'une arme intermédiaire qui va éviter, on le souhaite, d'en arriver à l'utilisation d'une arme à feu», a déclaré René Martin.
En tout, la Direction de la police de Trois-Rivières a fait l'acquisition de six pistolets à impulsion électrique, soit un investissement total de 40 000 $. Dès l'automne, les moniteurs devraient être formés, pour ensuite former à leur tour les policiers qui auront la responsabilité de ces armes. René Martin estime que dès le début de l'année 2018, les armes pourront être disponibles. «Du moment que la formation va être rendue accessible, on va pouvoir le déployer», ajoute-t-il.
Au niveau policier dans la région, deux projets pilotes avaient été mis en place dans les postes de la Sûreté du Québec en 2015, soit ceux de Shawinigan et Drummondville, pour l'utilisation du pistolet Taser. En tout, six postes de la SQ avaient pris part au projet pilote dans la province. Le projet a été concluant et la Sûreté du Québec équipera à son tour tous ses postes du pistolet à impulsion électrique d'ici le début de l'année 2018.
«Ça va aller au gré de la formation qui sera donnée. Ce ne sont pas tous les policiers qui pourront l'utiliser, mais il y aura de ces armes dans tous les postes. Le nombre variera en fonction de plusieurs facteurs relatifs aux différents postes», explique le sergent Hugo Fournier, porte-parole de la Sûreté du Québec.
Sans pouvoir préciser le nombre par poste, il a tout de même confirmé que les postes des MRC de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne faisaient pas exceptions et que l'arme y serait déployée également d'ici 2018.
Criminalité en baisse
Par ailleurs, le rapport annuel de la police de Trois-Rivières note une baisse de la criminalité de façon générale de 14 % par rapport à l'an dernier, avec en tout 683 délits de moins. Cette baisse est notamment attribuable à une baisse marquée des incidents liés à des voies de fait, des vols qualifiés, des introductions par effraction, des méfaits et des incendies criminels, note René Martin.
Bien qu'on note une baisse de 4,9 % des accidents de la route, la police a tout de même enregistré une hausse de plus de 15 % des arrestations liées à la conduite avec les capacités affaiblies. Des 275 arrestations survenues en 2016, 33 l'ont été pour des conducteurs sous l'effet de drogues.
La légalisation prochaine de la marijuana représente d'ailleurs un défi pour la Direction de la police de Trois-Rivières, qui devra adapter ses méthodes en fonction de cette nouvelle réalité législative. «On va devoir s'adapter, on va devoir former nos gens, on va devoir changer certaines habitudes de travail, et ça, c'est un défi. On pense à la capacité affaiblie au niveau des véhicules, mais ça va aussi loin que la loi sur le tabac. Le marché noir va devenir quoi? Actuellement, c'est du marché noir, mais à partir du moment où ça devient légal et que les jeunes n'y ont pas accès, est-ce que le marché noir va se diriger davantage vers les écoles? Ce sont des préoccupations que nous avons», reconnaît René Martin.
Ce dernier se félicite d'enregistrer, en 2016, un taux de résolution des crimes de 54,5 %, ce qui est «nettement au-dessus de la moyenne québécoise», selon le directeur de police. Le service note également que le taux de criminalité enregistre, pour une septième année consécutive, une baisse.