Les membres ont résisté

Shawinigan — Les riverains du lac à la Tortue ont été fortement encouragés à s’exclure du recours collectif. Malgré tout, la majorité d’entre eux ont tenu à demeurer membres parce qu’ils s’estiment lésés par le bruit des vols d’hydravions touristiques.

Les avocates de la Coalition contre le bruit ont plaidé pendant 105 minutes jeudi en fin d’après-midi, en réplique aux arguments de Bel-Air Laurentien aviation et des représentantes des Procureures générales du Québec et du Canada. Me Marie-Anaïs Sauvé est notamment revenue sur les fameuses exclusions, qui ont atteint des proportions exceptionnelles dans le cadre d’un recours collectif, où les membres espèrent habituellement une compensation sans faire le moindre effort. Or, dans ce cas, rappelons que 877 résidents se sont désistés de la démarche, laissant 976 membres actifs.

«Les gens qui ne subiraient pas d’inconvénients ont eu toutes les chances possibles de s’exclure», rappelle-t-elle. «Il y a eu une campagne soutenue, des articles, du porte-à-porte plus d’une fois. Plusieurs personnes se sont exclues, peu importe les raisons. Mais selon notre évaluation, il y a encore 976 membres. Ces personnes qui restent, on doit considérer qu’elles subissent des inconvénients.»

Me Sauvé a aussi voulu remettre en perspective le fait que Bel-Air Laurentien aviation n’avait jamais été sanctionnée pour une faute quelconque envers les restrictions publiées par Transports Canada, les mesures d’atténuation ou le comportement de ses pilotes.

«Plusieurs témoins ont fait part de leur découragement devant l’inefficacité du système de plaintes de Transports Canada», rappelle-t-elle. «Il n’y avait pas de suivi, ou très peu. Il faut aussi garder en tête que le recours a été déposé en 2011. Les gens ont pu se dire que ça n’avait pas fonctionné avec Transports Canada et qu’il y aurait maintenant un autre véhicule procédural.»

L’avocate ajoute qu’un effet d’entraînement s’est également manifesté chez les riverains. En observant le peu de résultats obtenus en portant plainte, ceux qui entendaient parler de la lourdeur du processus ne voyaient pas la pertinence d’entamer pareilles démarches.

Enfin, Me Sauvé n’est pas très impressionnée par le témoignage des pilotes, qui assuraient respecter toutes les règles. «Honnêtement, je ne pense pas qu’il s’agisse de la preuve la plus fiable», ironise-t-elle.