Cette résidence de Nicolet a été perquisitionnée, mercredi matin, par les enquêteurs de l’Escouade nationale de répression du crime organisé.

Les Hells de Trois-Rivières encore dans le collimateur

TROIS-RIVIÈRES — Les policiers ne relâchent pas la pression sur les Hells Angels de Trois-Rivières. Après avoir investi le nouveau repaire du chapitre trifluvien à Saint-Cuthbert, vendredi dernier, les enquêteurs de l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENRCO) ont procédé à une série de perquisitions en Mauricie, au Centre-du-Québec et en Montérégie, mercredi.

«L’enquête tend à démontrer que cet important réseau de trafic de stupéfiants, principalement actif dans les régions de Saint-Jean-sur-Richelieu, Montréal et l’Outaouais, est directement relié à des membres influents des Hells Angels», explique la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Dans la région, l’ENRCO a frappé dans un logement d’un immeuble de la rue Albert-Beaumier, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ainsi que dans une maison du chemin du Fleuve Ouest, à Nicolet. Selon La Presse, c’est la résidence du membre des Hells Angels Claude Gauthier qui a été perquisitionnée, alors qu’à Trois-Rivières, c’est le prospect Pascal Facchino qui était visé.

Claude Gauthier est un membre en règle des Hells Angels qui a déjà fait partie de la liste des dix criminels les plus recherchés au Québec. En effet, il a été en cavale pendant sept ans à la suite de l’opération SharQc. Finalement, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait déposé un arrêt des procédures contre lui et huit autres fugitifs, qui faisaient face à 29 chefs d’accusation dont meurtre et gangstérisme.


Les policiers ont ciblé un logement de cet immeuble de la rue Albert-Beaumier, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

En tout, les policiers ont ciblé, mercredi, treize résidences et trois commerces. En plus de Trois-Rivières et Nicolet, ils ont procédé à des perquisitions à Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly, Sabrevois, Longueuil et Henryville.

«Les perquisitions sont effectuées en cours d’enquête et celle-ci se poursuit. Pour le moment aucune arrestation n’est prévue», a précisé la sergente Cossette. 

La stratégie des forces de l’ordre est vraisemblablement de recueillir des preuves et de procéder par la suite aux arrestations pour éviter les écueils reliés à l’arrêt Jordan.

Quelque 80 policiers ont pris part à cette opération. Le mandat de l’ENRCO, qui est composée d’enquêteurs provenant de divers corps policiers, est de s’attaquer aux têtes dirigeantes du crime organisé, dont les membres en règle des Hells Angels.

La Sûreté du Québec confirme que cette opération est reliée à la perquisition menée au repaire des Hells à Saint-Cuthbert. Selon La Presse, une douzaine de personnes se trouvaient alors à l’intérieur, dont cinq membres en règle des Hells Angels de Trois-Rivières, soit Yves Gagné, Alain Biron, René Monfette, Marcellin Morin et Pierre Ayotte ainsi que le prospect Pascal Facchino.

La Municipalité est au courant que les Hells se sont installés à cet endroit depuis environ un an. Le site a été le théâtre de quelques rassemblements comme le 23 juin pour souligner l’anniversaire d’intronisation du chapitre trifluvien.

C’est un endroit isolé au nord de la municipalité. Aucune plainte n’a été portée par des citoyens relativement à la présence du groupe de motards. «Jusqu’à maintenant, on n’a pas de problèmes avec eux. Ils font leurs affaires. On ne les achale pas et ils ne nous achalent pas», note Bruno Vadnais, maire de Saint-Cuthbert.

Un édifice à bureaux est toujours prévu sur le terrain de l’ancien bunker

La perquisition dans ce qui semble être le nouveau repaire des Hells de Trois-Rivières, à Saint-Cuthbert, vendredi, a rappelé à plusieurs que leur ancien bunker, situé sur le boulevard Saint-Jean, en pleine ville et visible de l’autoroute 55, était passablement plus flamboyant. Mais depuis qu’il a été saisi et démoli en juin 2015, le terrain demeure inoccupé. Une situation qui devrait changer d’ici deux ans.

«On a une entente avec un promoteur. Il veut éventuellement construire un édifice à bureaux. À la fin du printemps-début de l’été, il est venu nous voir pour obtenir un délai de deux ans pour réaliser son projet. On lui a accordé», explique Yvan Toutant, porte-parole du cabinet du maire.

En effet, le terrain a été vendu au prix de 200 000 $ en novembre 2016 au propriétaire du restaurant Cambodiana. En ce qui concerne la construction de l’immeuble à bureaux, on parlait alors d’un investissement de près de 2 millions $.