Un voisin qui connaissait le suspect du triple meurtre commis à Shawinigan et Saint-Mathieu-du-Parc mercredi soir, ainsi qu'une de ses victimes, assure que «rien ne laissait présager» un tel drame.

Le voisinage ébranlé par les événements

À en croire le récit de plusieurs voisins rencontrés non loin des deux scènes de crime, à Saint-Gérard-des-Laurentides et Saint-Mathieu-du-Parc, jeudi, rien ne pouvait laisser présager qu'un tel drame se serait joué à cet endroit. Tant les victimes que le suspect, Sylvain Duquette, étaient connus de l'entourage comme étant des gens tranquilles et sans histoire.
Michel Grenier habite à deux maisons de celle de l'une des victimes et belle-soeur du suspect, Denise Hallé, sur le chemin du Lac-Marchand. Fréquemment, il voyait Sylvain Duquette se promener dans les environs avec ses chiens, des bêtes dont il prenait grand soin et qu'il semblait affectionner plus que tout. «Son frère était un ami d'enfance. Je l'ai connu quand j'étais très jeune parce qu'il habitait juste en arrière. Plus tard il est parti dans le coin de Saint-Georges, mais il est revenu et habitait chez son frère et sa belle-soeur depuis quelques mois», indique Michel Grenier.
Ce dernier avait eu connaissance que Mme Hallé ait demandé à Sylvain Duquette de quitter pour le mois d'avril. «Il habitait là depuis octobre. Son frère, le mari de ma voisine, est décédé en décembre, mais il a continué d'habiter là après son décès. Il devait y demeurer jusqu'en juin prochain, mais Denise lui avait demandé de quitter plus tôt. Il devait avoir quitté pour le début avril. J'imagine que ça n'a pas fait son affaire», évoque M. Grenier.
Vers minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi, Michel Grenier et sa conjointe ont constaté qu'il se passait quelque chose chez cette voisine. «À minuit, j'ai vu qu'il y avait des flashs. J'ai vu que le feu était pris dans la maison. Je suis allé voir mais je n'ai pas pu savoir grand-chose parce que les policiers nous ont demandé de quitter. Ce matin (jeudi), en ouvrant la télé, j'ai compris ce qui s'était passé. C'est terrible», a-t-il simplement évoqué, clairement ébranlé par les événements qui ont touché cette famille qu'il connaissait depuis de nombreuses années.
Michel Grenier et Marie-Claude Rondeau ne pouvaient pas croire ce qui venait de se produire dans la maison voisine, celle de Denise Hallé.
Lise Gélinas-Blais habite non loin de la résidence de Claude Duquette et Jocelyne Pellerin.
D'ailleurs, il n'avait que de bons mots à dire au sujet de sa voisine, Denise Hallé. «Elle avait le coeur sur la main. C'était une femme très généreuse qui voulait toujours aider tout le monde. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait aussi accepté de le garder. Elle était comme ça, toujours prête à aider tout le monde. Ça n'a juste aucun sens ce qui s'est produit, c'est inimaginable», indique-t-il.
Michel Grenier et sa conjointe, Marie-Claude Rondeau, ne se sentaient pas capables d'aller travailler jeudi matin. Suivant le fil des nouvelles à la télévision, Marie-Claude Rondeau avait bien du mal à retenir ses larmes en constatant l'ampleur du drame qui venait de se jouer à côté de chez elle.
De son côté, Lise Gélinas-Blais habite à quelques maisons de Claude Duquette et Jocelyne Pellerin, à Saint-Mathieu-du-Parc. Elle se disait également très surprise d'apprendre ce qui s'était produit, évoquant que ses voisins étaient des gens très tranquilles et aimables. 
Toutefois, durant l'après-midi mercredi, Mme Gélinas-Blais avait remarqué que le véhicule gris appartenant à Claude Duquette était passé à quelques reprises devant son domicile et qu'il ne conduisait pas comme à l'habitude. Toutefois, elle n'a pas été en mesure de voir qui était au volant. Ce véhicule était le même que celui au volant duquel Sylvain Duquette a été arrêté à la station-service Irving, peu avant minuit.