Steve Morin connaîtra sa sentence en janvier.

«Le Robin des bois du vol de camionnettes»

LA TUQUE — Steve Morin était de retour devant la justice, mardi, pour les observations sur la peine. Celui qui a reconnu avoir commis une série de vols de véhicules et d’introduction par effraction devrait connaître sa sentence au début de 2019.

L’individu se servait d’une pratique, qui semble plutôt commune chez des entrepreneurs, pour commettre une dizaine des vols de véhicules. Il réussissait à trouver la clé dans la porte du réservoir à essence, dans la console ou carrément dans le contact.

Le procureur de la Couronne a demandé à la juge d’imposer 15 mois d’emprisonnement en plus d’une probation durant laquelle il devrait, entre autres, effectuer 160 heures de travaux communautaires.

Il s’est notamment basé sur le rapport présentenciel qui, selon lui, n’est pas du tout positif. On peut lire dans le rapport que pour expliquer les gestes qu’il a commis, Steve Morin affirme qu’il souhaitait «dompter» les propriétaires d’entreprises qui laissaient les clés à portée dans leurs véhicules. «Il s’explique comme un Robin des Bois du vol de camionnettes. Ça ne fait aucun sens et ça montre son niveau de conscientisation qui a, selon moi, des lacunes. Son manque de maturité est flagrant», a indiqué Me Éric Thériault.

Le procureur de la Couronne a également souligné un passage du rapport qui dit que «Monsieur Morin doit être confronté à la désapprobation sociale qu’entraînent la nature et la gravité des gestes posés, afin de bien réaliser l’inadmissibilité du comportement adopté».

Me Thériault a fait ressortir les milliers de dollars de dommage et la présence d’un risque de récidive. Il n’a pas manqué non plus de dénoncer le «véritable fléau» de vols dans les chalets en Haute-Mauricie.

«Les chalets sont isolés, et monsieur Morin en a profité […] Ce fléau-là à La Tuque, il faut que ça arrête», a-t-il insisté.

Rappelons que l’accusé avait mentionné qu’il avait enlevé ses chaussures, passé le balai, et rincé sa vaisselle dans un chalet dans lequel il s’était introduit.

Son avocate, pour sa part, avait fait valoir que la détention préventive avait déjà eu son effet dissuasif. «Ça lui a permis de réfléchir […] Je ne pense pas que de poursuivre la détention aura un effet plus dissuasif que cela a eu maintenant. C’est un cas pour lequel on devrait privilégier la réhabilitation et la réinsertion sociale», a noté Me Mélanie Ricard.

Cette dernière a souligné quelques circonstances aggravantes et atténuantes. Elle a notamment fait valoir le plaidoyer rapide de son client, son jeune âge et sa collaboration avec les autorités. «Il a fait des aveux complets aux policiers lors de son arrestation», a-t-elle indiqué.

Elle a demandé à la juge d’imposer une peine équivalente au temps déjà purgé en plus d’une probation d’une probation durant laquelle il devrait, entre autres, effectuer 160 heures de travaux communautaires.

Steve Morin et son père se sont également fait entendre durant l’audition. L’accusé, en pleurs, a fait savoir son intention de vouloir faire une thérapie, de vouloir faire le ménage dans son entourage et reprendre sa vie en main. Son père quant à lui a indiqué être prêt à le reprendre à la maison.

La juge Guylaine Tremblay a pris l’affaire en délibéré. Elle rendra sa décision en janvier.