Le procès d’Olivier Charrière est presque terminé. Son sort sera bientôt entre les mains d’un jury composé de 12 personnes.

Le procès d'Olivier Charrière tire à sa fin

Trois-Rivières — Après 24 jours d’audiences, le procès d’Olivier Charrière, cet homme accusé d’avoir volé et fraudé des producteurs de grains, tire à sa fin.

Les plaidoiries des avocats se sont en effet terminées jeudi. À compter de vendredi matin, le juge Louis Dionne s’adressera au jury pour faire connaître ses directives en droit. Une fois cette étape terminée, les 12 jurés seront séquestrés, et ce, tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas rendu un verdict unanime.

Dans cette affaire, Olivier Charrière, un homme de 34 ans domicilié à Nicolet, fait face à neuf chefs d’accusation pour des fraudes et des vols. Les événements qui lui sont reprochés sont survenus en 2008 et 2009 dans le cadre de ses activités de courtage agricole. À l’époque, il venait de démarrer son entreprise, Les Élévateurs de la Rive-Nord. Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, soutient avoir fait la preuve que le suspect a fraudé et volé une somme totale de 1,1 million$, dont plus de 800 000$ à des producteurs de grains. Il aurait notamment vendu du grain que les producteurs lui laissaient en consignation, soit 550 tonnes de grains entreposés et non retournés à leurs propriétaires et 897 autres tonnes qu’il avait achetées aux producteurs sans jamais les payer. Il aurait ainsi floué 25 producteurs. 

À cela, on lui reproche d’avoir vendu un séchoir à grains qui appartenait à Napierveau ( la compagnie à qui il avait loué le site de séchage de Sainte-Geneviève-de-Batiscan). Cette dernière aurait été obligée de débourser 66 000$ pour le racheter. Charrière aurait également détourné 332 000$ à même les fonds de sa compagnie afin de s’acheter une maison, un immeuble à logements, obtenir des liquidités et se payer notamment un voyage. Enfin, on lui reproche d’avoir fraudé Desjardins et Supérieur propane.

Dans cette cause, l’avocat de la défense, Me Miguel Mpetsi-Lemelin a toujours soutenu qu’Olivier Charrière n’avait jamais eu l’intention de frauder mais plutôt qu’il n’avait pas les compétences et les connaissances requises en administration, voire qu’il était immature. Les affaires auraient donc mal tourné au point de se terminer par des faillites personnelle et commerciale. 

Le prévenu avait d’ailleurs témoigné en ce sens au procès, en disant qu’il se fiait notamment sur d’autres personnes autour de lui comme sa secrétaire administrative, le personnel affecté à son dossier financier dans les Caisses Desjardins et sa comptable fiscaliste. Il avait d’ailleurs mentionné: «Ma force, c’est sûr, ce ne sont pas les affaires», insistant sur le fait qu’il était un technicien en agriculture. 

Or, la Couronne est plutôt d’avis qu’il avait non seulement les connaissances suffisantes pour gérer son entreprise mais qu’en plus, il était bien entouré. Outre sa comptable et les Caisses Desjardins, il pouvait compter sur l’aide de son père, lui-même un agriculteur, sa mère qui travaille dans undomaine relié à l’administration et son beau-père, un négociant en grains. 

En fait, Me Beauchamp-Laliberté estime que Charrière a utilisé les liquidités de son entreprise à des fins personnelles, ce qui a affaibli la santé financière de son entreprise et l’a ainsi empêché de payer les producteurs. Selon lui, il a été insouciant des conséquences avec pour résultat qu’il a fait preuve d’aveuglement volontaire sur ses finances. Il a ainsi rappelé qu’il a fait pas moins de 147 chèques sans fonds pour une valeur totale de 586 896 $ en deux ans et ce, même s’il recevait régulièrement des appels de la caisse concernant son manque de liquidités. Les producteurs eux-mêmes l’ont contacté pour s’enquérir de la situation mais au fil du temps, ils auraient constaté que Charrière était de moins en joignable. 

Au cours de ce procès, 25 témoins ont défilé devant le jury et 17 dépositions de présumées victimes ont été admises en preuve.