Le procès civil des policiers tire à sa fin

Trois-Rivières — Le procès civil des quatre policiers de Trois-Rivières intenté par Alexis Vadeboncoeur tire à sa fin.

Les avocats du jeune homme ont en effet entrepris, jeudi, leurs plaidoiries devant la juge Marie-Paule Gagnon. Me François Daigle a rappelé qu’il s’agissait d’un cas unique, ce qui explique pourquoi il a pris le relais de l’avocat René Duval dans cette cause. Il soutient que les agents Dominic Pronovost, Barbara Provencher, Kaven Deslauriers et Marc-André Saint-Amant ont véritablement utilisé une force excessive pour arrêter l’individu en février 2013 après que ce dernier eut commis un vol qualifié. Toujours selon ses prétentions, les images de la vidéo montrent clairement que le jeune homme était dans un état de soumission et qu’il acceptait de se faire arrêter. «Même s’il n’obéissait pas à l’ordre donné, il n’offrait aucune résistance et il n’y avait aucun niveau de dangerosité. Il était couché, les bras en croix, lorsqu’ils l’ont approché. La seule chose qui restait à faire était de le menotter», a-t-il mentionné. Il reproche alors au policier Pronovost d’avoir donné le ton en lui donnant un coup de pied, ce qui aura eu pour effet d’inciter son client à cacher ses mains pour se protéger.

Qui plus est, il a indiqué que les quatre policiers le pointaient avec leur arme à feu, le doigt sur la détente. «À une si courte distance, il était impossible pour Alexis Vadeboncoeur d’avoir le temps de récupérer son arme, de viser et de tirer sans qu’il ne soit lui-même atteint par les balles des policiers», a-t-il ajouté.

Il va même jusqu’à accuser les policiers de s’en être donné à cœur joie en le brassant. «Ce sont des coups qui ressemblent plus à des sanctions et des punitions qu’à de la diversion», a-t-il ajouté. Du coup, il a qualifié d’indigne la conduite des policiers. «Si tout a bien été comme ils le disent, pourquoi des accusations ont-elles été portées contre eux?», a-t-il demandé. Il a rappelé à quelques reprises que Kaven Deslauriers avait été déclaré coupable de voies de fait.

Il importe cependant de noter, ici, et la juge a posé des questions à ce sujet, que Kaven Deslauriers a porté sa cause en appel.

Les plaidoiries des avocats vont se poursuivre vendredi.

Plus tôt dans la journée, les policiers, dont Kaven Deslauriers, ont témoigné tout comme l’expert en utilisation de la force, Pierre Langlois. Tout comme ils l’avaient fait au procès criminel, tous ont affirmé avoir agi selon les enseignements de l’École nationale de police du Québec. Ils ont donné des coups de diversion sur Vadeboncoeur afin qu’il sorte ses bras, cachés sous son corps, afin de pouvoir le menotter.

M. Langlois a aussi parlé de la situation d’urgence dans laquelle se trouvaient les policiers et du risque élevé provoqué par la résistance de Vadeboncoeur et l’arme à ses côtés. «Les policiers ont fait ce qu’ils avaient à faire», a-t-il déclaré.

Rappelons qu’Alexis Vadeboncoeur réclame 490 000 $ aux policiers en dommages et intérêts.