Un accusé avait déclenché tout un branle-bas de combat au palais de justice de La Tuque, en 2015, en arrachant la cloison pour l'espace sanitaire en présence d'un codétenu.

Le palais de justice de La Tuque dans une ancienne salle de quilles

D'ici la fin de 2018, le palais de justice pourrait déménager dans l'ancienne salle de quilles, toujours à l'intérieur des murs du Carrefour La Tuque, et ainsi doubler sa superficie.
Une des cellules désuètes du palais de justice de La Tuque.
C'est ce qui ressort d'une importante rencontre qui s'est déroulée, jeudi, concernant le réaménagement du palais de justice de La Tuque. Des intervenants de toute la communauté juridique ont assisté à cette réunion en vue de la préparation des plans finaux. Toutefois, il reste encore des étapes à franchir.
«C'est une rencontre très positive. Si les travaux se réalisent comme c'est prévu actuellement, je pense que ça va résoudre les problèmes soulevés depuis longtemps», a lancé le Bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard, à la sortie de cette rencontre.
Les différents intervenants ont discuté des exigences et des enjeux, de l'occupation de l'espace, du scénario d'aménagement, des différentes étapes franchies et à venir. Les membres de la communauté juridique ont pu aussi se faire entendre sur le réaménagement à la fin de la rencontre.
«On a eu le loisir de s'exprimer et de poser des questions. C'est une étape encourageante et positive», a souligné Me Ricard.
«Ce n'était pas une annonce, c'était une étape d'information. Maintenant, il reste des autorisations au niveau du Conseil du trésor. Il faut que ce projet-là soit une priorité et je pense que c'est le cas pour les différents ministères impliqués. Il leur reste à le démontrer. C'est une priorité numéro un pour nous et on va continuer d'insister pour que cela se réalise dans les délais», a-t-il ajouté.
Au total, si on inclut tous les ministères concernés, le palais de justice pourrait être deux fois plus grand. La superficie actuelle du local est d'environ 558 m2 comparativement à l'espace envisagé qui fait approximativement 1300 m2. Si tout se déroule comme prévu, le nouveau palais de justice pourrait être livré et fonctionnel en 2018, à l'été.
«Ils nous ont dit que dans leurs plans, ce qu'ils voudraient, c'est que ce soit soumis au Conseil du trésor à l'été 2017 pour une possible livraison en 2018. Dans le meilleur des mondes, ça va suivre cette échéance-là. Enfin! J'ai l'impression qu'on a été entendu. Il reste à savoir au niveau gouvernemental comment cela va suivre son cours. Les plans qui ont été soumis répondent aux besoins», a commenté l'avocate latuquoise, Me Mélanie Ricard.
Cette dernière avait vivement dénoncé les conditions du palais de justice dans une entrevue accordée au Nouvelliste en septembre 2015. Elle avait soulevé le manque de sécurité et de sérieuses lacunes de confidentialité. L'avocate avait aussi témoigné de plusieurs situations particulières qu'elle avait vécues à travers ses années de pratique.
Plusieurs intervenants avaient aussi dénoncé publiquement la désuétude du palais de justice dans les derniers mois. Le Bâtonnier de la Mauricie ne croit toutefois pas que cette rencontre a été orchestrée simplement pour calmer la grogne. 
«C'est plus que ça. Ils ont travaillé pour faire quelque chose de bien. Si cela se réalise dans le délai prévu, ce sera très bien. [...] Les points qu'on a soulevés sont mineurs», a lancé Me Simon Ricard.
Selon nos informations, il y aurait une mise à niveau de la sécurité, la ségrégation des différents types de clientèle, l'ajout d'un parloir pour les avocats, une quantité suffisante de salles d'entrevue...
«Ils voulaient nous montrer le fruit de leur travail et où ils en étaient avec les plans [...] Ils souhaitaient également valider avec nous les besoins qu'ils avaient identifiés et nos besoins réels», a fait savoir Me Mélanie Ricard.
«C'est même au-delà de nos attentes je dirais», a-t-elle ajouté.
Rappelons que, peu avant la fin de l'année 2016, le cabinet de la ministre de la Justice avait confirmé au Nouvelliste que le projet était inscrit au Plan québécois des infrastructures 2016-2026 dans la catégorie de projets en planification au coût approximatif de 1,3 M$.
Le ministère de la Justice a préféré attendre à vendredi pour commenter la rencontre.