L'abbé François Doucet a tenu à lancer un message d'espoir aux quelque 1500 personnes qui s'étaient entassées à l'intérieur de la cathédrale de Trois-Rivières pour venir faire leurs adieux aux trois victimes de la tragédie de la rue Sicard.

Le message d'espoir de l'abbé Doucet

Dans une cathédrale de Trois-Rivières remplie à craquer, l'abbé François Doucet a tenu à lancer un message d'espoir aux quelque 1500 personnes qui s'étaient entassées jeudi après-midi pour venir faire leurs adieux aux victimes du triple meurtre de la rue Sicard.
Bien évidemment, la cérémonie était empreinte d'émotion, à peine une semaine après le drame. Selon le curé de la paroisse de La-Visitation-de-la-Sainte-Vierge, dans le secteur Pointe-du-Lac, les chants, la musique et les hommages ont permis de créer une unité émouvante à l'intérieur de l'édifice au cours de la cérémonie.
«Quand ça vient du fond du coeur, ça touche tout le monde. Il y avait une belle harmonie. On était tous sur la même longueur d'ondes. Comme prêtre, c'est venu me chercher et c'est venu chercher les membres des familles qui se sont laissés bercer par les mots et la musique», a-t-il indiqué aux médias lors d'un point de presse qui s'est tenu à la sacristie de la cathédrale.
Pour parvenir à bien cibler la personnalité de chacun des disparus et ainsi leur rendre adéquatement hommage, l'abbé Doucet s'est entretenu à quelques reprises avec les familles éprouvées dans les jours précédant la cérémonie. Jeudi, quelques instants avant d'accueillir les familles et les proches des victimes ainsi que le public dans la cathédrale, il a même eu une petite pensée pour la plus vieille des deux soeurs assassinées en jetant un coup d'oeil vers le clocher.
«Elle m'avait déjà demandé, à Pointe-du-Lac, de sonner les cloches parce qu'elle était fascinée par celles-ci», s'est-il souvenu.
Ainsi, l'abbé Doucet a pu bien rendre hommage à la mémoire de chacun en faisant référence, tantôt à la passion pour la musique de l'un, tantôt à l'amour de la nature de l'une ou encore l'énergie contagieuse de l'autre.
«J'ai beaucoup écouté les familles pour trouver les bons mots et ensuite mettre des sentiments derrière ces mots. Et à travers ces mots, il y avait un message d'espoir pour continuer leur oeuvre», a-t-il glissé, avant de souligner le courage démontré par les familles.
Préférant émettre un message d'espoir plutôt que d'accorder du temps à parler du terrible de drame qui a secoué Trois-Rivières, le 11 février, le curé Doucet a aussi expliqué que certains témoignages plus légers, mais tout aussi touchants, ont permis de faire une place à l'humour.
«On a axé la cérémonie sur des paroles d'espoir, sans aborder ce qui s'est passé. Tout était centré sur les trois jeunes et sur Dieu. On a ri aussi dans la cathédrale. Il n'y avait pas juste des pleurs», a-t-il lancé.
Au terme d'une longue cérémonie émouvante de près de deux heures, l'abbé Doucet a reconnu qu'il s'agissait des funérailles les plus intenses qu'il a eu à célébrer dans ses 30 années de prêtrise.
«Il y avait beaucoup de monde, mais on aurait entendu voler une mouche pendant toute la célébration.»