Clermont Carrier

Le Hells Clermont Carrier pourra recouvrer sa liberté

SHAWINIGAN — Clermont Carrier, cet individu considéré comme un membre en règle des Hells Angels, pourra finalement reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre lui pour des voies de fait, voies de fait causant des lésions et des menaces survenues dans le secteur Saint-Georges-de-Champlain.

Cependant, il devra respecter de sévères conditions. Outre un engagement financier de 6000 $ avec dépôt, il devra se soumettre à un couvre-feu de 22 h à 6 h et se rapporter régulièrement à la Sûreté du Québec. Il lui sera interdit de communiquer avec les victimes et de se rendre à leurs domiciles et lieux de travail. Il ne pourra pas non plus aller dans les bars. Tout contact sera interdit avec les co-accusés dans cette affaire mais aussi avec tous les membres des Hells Angels et les clubs associés. Il ne pourra pas non plus participer à leurs activités. Enfin, il fait face à une interdiction d’avoir des armes en sa possession.

Rappelons que le suspect aurait été impliqué dans une bagarre qui a fait deux blessés au bar Le Relais des boys dans la nuit du 30 septembre. L’une des victimes, un homme âgé d’une vingtaine d’années, se serait rendu derrière le bar pour y discuter avec la serveuse. Clermont Carrier lui aurait alors ordonné de quitter l’arrière du bar mais il aurait refusé. La serveuse aurait ensuite répliqué à son tour au suspect, ce qui lui aurait valu une claque au visage. L’homme se serait interposé et aurait alors reçu plusieurs coups de poing de la part de l’accusé. Réalisant qu’il y avait plusieurs individus dans le bar qui étaient reliés aux Hells Angels, il aurait voulu quitter les lieux mais il aurait été frappé de nouveau par d’autres personnes. L’une d’entre elles lui aurait notamment asséné un coup de bouteille au visage, lui infligeant ainsi une lésion.

Dans les heures qui ont suivi, deux personnes ont été arrêtées en lien avec cette altercation. Il s’agit notamment de Shayne Drolet, 22 ans de Shawinigan. Celui-ci a pu recouvrer sa liberté vendredi dernier au palais de justice de Shawinigan. L’autre personne, une femme, a été libérée sous promesse de comparaître le 26 novembre prochain. Elle s’en serait prise à la serveuse.

Des mandats d’arrestation ont également été délivrés contre Carrier qui s’est livré lui-même aux autorités ainsi qu’un autre individu, Steven Collard, 41 ans de Saint-Germain-de-Grantham. Celui-ci est toujours activement recherché.

La Couronne, représentée par Me Audrey-Ann Boily, s’opposait à la remise en liberté de Carrier en invoquant la protection du public, des victimes et des témoins. L’avocat de Carrier, Me Michel Lebrun, a rappelé de son côté qu’à chaque fois que son client avait été remis en liberté durant des procédures judiciaires intentées contre lui dans le passé, il avait respecté ses conditions de remise en liberté.

Certes, Clermont Carrier compte des antécédents judiciaires. À deux reprises, il a été condamné dans le passé pour des complots pour meurtre. En 1997, il avait écopé de 4 ans de prison. Puis, dans le cadre de l’opération SharQc en 2009, il avait été condamné en 2015 à 8 ans et 9 mois de prison. Compte tenu de la détention provisoire, il avait été libéré en janvier 2017.

D’un autre côté, le juge Jacques Trudel rappelle que même s’il fait partie d’une organisation criminelle, citant la jurisprudence à ce sujet, la preuve n’a pas été faite d’une probabilité marquée que le prévenu commette une autre infraction ou qu’il pose des gestes qui pourraient nuire à l’administration de la justice s’il était libéré. En plus, le tribunal retient le fait que Clermont Carrier n’aurait pas participé directement aux coups donnés avec une bouteille ou ayant causé des lésions, tel que précisé par Me Lebrun. Il admet qu’on pourrait facilement présumer que ces individus ont tous agi ensemble pour infliger une raclée à la présumée victime compte tenu de leur affiliation mais la preuve de complot et de complicité n’a pas été faite à ce stade des procédures.

L’individu étant présumé innocent, le tribunal en vient à la conclusion que la détention n’est pas nécessaire présentement mais que des conditions s’imposent pour assurer la protection de la société.