Clermont Carrier s’était livré de lui-même au palais de justice de Shawinigan, mercredi dernier.

Le Hells Clermont Carrier devra patienter jusqu’à mardi

SHAWINIGAN — Clermont Carrier, cet individu de 56 ans connu comme étant un membre en règle des Hells Angels, saura mardi matin s’il peut recouvrer sa liberté, lui qui est présentement accusé en lien avec une altercation survenue dans la nuit de dimanche dernier dans un bar du secteur Saint-Georges-de-Champlain.

On se souviendra qu’une bagarre qui a éclaté dans ce bar a fait deux blessés, un homme et une femme âgés dans la vingtaine. Dans les heures qui ont suivi, deux personnes ont été arrêtées en lien avec cette altercation. Shayne Drolet, 22 ans de Shawinigan, a été arrêté pour voies de fait causant des lésions, et a pu recouvrer sa liberté vendredi matin au palais de justice de Shawinigan. L’autre personne, une femme, a été libérée sous promesse de comparaître le 26 novembre prochain.

À la suite de ces arrestations, des mandats ont également été délivrés contre Carrier ainsi qu’un autre individu, Steven Collard, 41 ans de Saint-Germain-de-Grantham, qui est d’ailleurs toujours activement recherché. À la suite de la diffusion de cet avis de recherche, Carrier s’est livré de lui-même au palais de justice de Shawinigan, mercredi.

Vendredi après-midi, à l’occasion de son enquête sur remise en liberté, on a pu en apprendre un peu plus sur ce qui se serait passé dans ce bar, Le Relais des boys, un établissement qui a depuis fermé ses portes définitivement, peut-on constater sur la page Facebook de l’établissement.

L’incident serait survenu alors que Carrier aurait interpellé un individu qui se trouvait derrière le bar et qui discutait avec une employée. Devant le refus de l’individu de quitter l’arrière du bar et devant les réprimandes de l’employée, il aurait frappé la femme au visage. L’homme se serait alors interposé et aurait reçu plusieurs coups au visage de la part de l’accusé.

Steven Collard, de Saint-Germain-de-Grantham, est toujours activement recherché.

Par la suite, la victime a tenté de quitter le bar, mais aurait été frappée de nouveau par d’autres personnes, dont une personne qui lui aurait asséné un coup de bouteille au visage, lui causant une sérieuse lésion. En quittant le bar, il se serait éloigné pour contacter les policiers, ce qui lui aurait valu d’autres coups de la part de personnes qui n’ont pas été identifiées.

La Couronne, représentée par Me Audrey-Ann Boily, s’oppose à la remise en liberté de Clermont Carrier pour le reste des procédures. Pour ce faire, elle a notamment allégué ses nombreux antécédents judiciaires. Rappelons que Clermont Carrier a, à deux reprises, été condamné dans le passé pour des complots pour meurtre. En 1997, il avait été condamné à 4 ans de prison. Puis, arrêté de nouveau dans le cadre de l’opération SharQc en 2009, il a été condamné en 2015 à 8 ans et 9 mois de prison, toujours pour complot pour meurtre. Compte tenu de la détention provisoire, il avait été libéré en janvier 2017.

Selon Me Boily, non seulement l’accusé a été l’instigateur du geste posé dans ce bar de Saint-Georges-de-Champlain dimanche dernier, mais il s’agit en outre d’un geste totalement gratuit puisqu’il ne connaissait pas les présumées victimes. Elle soulève d’ailleurs la probabilité marquée que l’individu puisse commettre une autre infraction s’il est remis en liberté, et qu’il vienne nuire à l’administration de la justice, contrevenant à la sécurité des présumées victimes, des témoins de l’affaire et du public en général.

De son côté, l’avocat de Carrier, Me Michel Lebrun, a rappelé qu’à chaque fois que son client avait été remis en liberté durant des procédures judiciaires intentées contre lui, il avait en tout point respecté ses conditions de remise en liberté. D’ailleurs, deux membres de sa famille sont venus témoigner au tribunal qu’ils étaient prêts à verser des montants d’argent en guise de caution pour garantir le respect de ses conditions.

Il ajoute que la preuve démontrée lors de cette enquête sur remise en liberté ne permettait en aucun cas de conclure à une forte probabilité de condamnation sur le chef de voies de fait causant des lésions, qui est objectivement le plus grave auquel doit faire face Carrier.

Le juge Jacques Trudel a souhaité prendre un peu de temps avant de rendre sa décision, notamment pour examiner les différents éléments de preuve avancés, la jurisprudence ainsi que les antécédents de l’individu. Il rendra sa décision mardi matin.