Nicolas Lefebvre en compagnie de son père, François Lefebvre, le jour de son mariage.

Le fils de François Lefebvre ébranlé par les nouvelles accusations portées contre Asselin

Trois-Rivières — Avant même de prendre la route pour la première fois avec son nouveau collègue de travail François Asselin, le Trifluvien François Lefebvre, assassiné le 17 mai dernier à Sherbrooke, avait confié à son fils qu’il avait peur de cet individu. C’est du moins ce que soutient Nicolas Lefebvre, le fils de l’homme de 59 ans qui a été retrouvé sans vie dans un camion, dans le parc industriel de Sherbrooke, il y aura bientôt deux semaines.

«Ça faisait environ un mois que mon père travaillait pour l’entreprise Martel. Il m’avait déjà parlé de François Asselin. Il n’avait jamais travaillé avec lui, mais disait qu’il avait peur de cette personne, qu’il le craignait car il était agressif, qu’il consommait. Il n’avait pas été menaçant directement avec mon père, selon ce qu’il m’avait dit, mais il était agressif dans son comportement. Par exemple, il claquait violemment la porte des véhicules. Mon père n’avait pas peur de grand monde, mais lui il le craignait», explique Nicolas Lefebvre.

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Ce matin-là où il a pris la route de Sherbrooke avec François Asselin, François Lefebvre devait normalement travailler avec son partenaire habituel. Or, ce dernier était malade. Voilà pourquoi il a été jumelé avec Asselin, sans pouvoir se douter qu’il ne reviendrait pas de ce voyage de livraison.

Avec le recul et les nouveaux éléments de l’enquête, Nicolas Lefebvre se demande aujourd’hui si son père n’a pas découvert quelque chose en lien avec le meurtre de Gilles Giasson, ce qui aurait pu causer sa perte aux mains de François Asselin. 

«Ce n’était pas pour l’argent. Mon père avait de l’argent sur lui, on ne le lui a pas pris. Je ne sais pas s’il s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, mais je me demande s’il n’a pas vu ou entendu quelque chose qui a fait qu’il est devenu une menace pour François Asselin», indique Nicolas Lefebvre.

Rappelons que François Asselin a été arrêté peu de temps après la découverte du corps de François Lefebvre, puis accusé de meurtre au second degré et d’outrage à un cadavre.

En entendant, lundi à la télévision, que François Asselin serait également accusé du meurtre non prémédité de son père Gilles Giasson, Nicolas Lefebvre a eu un mélange d’émotions. 

«Je ne connais pas cette famille, mais j’ai de bonnes pensées pour les enfants de M. Giasson. Je sais qu’eux aussi traversent des moments difficiles. En même temps, j’ai ressenti un soulagement de savoir que ce gars-là n’en a pas fini avec la justice. Il ne sera pas libre demain matin et ne pourra pas refaire à d’autres ce qu’il a fait à mon père et à son père», constate Nicolas Lefebvre.

Les funérailles de François Lefebvre seront célébrées samedi prochain. Occupé à lui préparer un dernier hommage, son fils confie voguer quotidiennement entre la tristesse, la colère et l’incompréhension face à tout ce qui est arrivé. 

«Mon père aurait eu 60 ans cet hiver. Il était encore très jeune. C’était un homme travaillant et généreux. Il n’a pas eu la mort qu’il aurait voulu avoir. Nous avons beaucoup d’aide de la part de nos proches, de ses frères et de ses sœurs, mais aussi du CAVAC qui nous soutient là-dedans», signale celui qui ne sait pas encore s’il suivra le déroulement des procédures judiciaires. 

«Aujourd’hui, je vous dirais que je n’ai pas le cœur à ça du tout. Mais j’imagine que lorsqu’il reviendra en cour en juillet, je voudrai peut-être y être. Ça ne me ramènera pas mon père, du tout, mais au moins je pourrai m’assurer que justice soit rendue et qu’on boucle la boucle», ajoute Nicolas Lefebvre.