Le CIUSSS MCQ affirme avoir pris bonne note de la recommandation du coroner.

Le décès d’une fillette de 3 ans suscite des interrogations

TROIS-RIVIÈRES — Est-ce normal de mourir d’une crise d’asthme à trois ans en 2016? Un coroner estime que la question vaut la peine d’être posée. Dans son rapport sur la mort d’une fillette de trois ans en août 2016 à Saint-Alexis-des-Monts, le Dr Pascal Pelletier recommande au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre du Québec (CIUSSS MCQ) «d’évaluer les observations et les interventions de l’équipe de services sociaux ayant effectué le suivi de la famille de la fillette en 2015-2016».

«On peut se poser la question s’il y avait eu possibilité d’éviter ce décès. Dans l’ensemble du dossier, on peut se questionner. Décéder d’une crise d’asthme à trois ans en 2016, il faut se poser des questions», a mentionné le Dr Pelletier, en entrevue.

Dans son rapport publié l’été dernier, le Dr Pelletier mentionne que l’autopsie effectuée sur le corps de l’enfant a révélé qu’elle est décédée des complications d’une crise d’asthme. «Les doses multiples de ventolin reçues dans les 24 heures précédant son décès et une auto-administration de ventolin par cet enfant de trois ans nous suggèrent qu’elle ne recevait pas un traitement optimal de son asthme», peut-on lire.

En effet, une pompe de ventolin a été retrouvée dans le lit de la fillette la journée de son décès. «Il semble que cette dernière avait un libre accès à cette médication selon les notes d’observation des travailleurs sociaux» du CIUSSS, mentionne le coroner dans son rapport. Des travailleurs sociaux du CIUSSS visitaient régulièrement la famille depuis quelques années, précise le Dr Pelletier.

De plus, bien que l’enfant souffrait d’asthme, elle n’avait pas rencontré de médecins dans les mois précédant son décès, selon les registres de la RAMQ.

La petite est décédée le 5 août 2016 à sa résidence de Saint-Alexis-des-Monts. Elle a été retrouvée inanimée dans la salle de bain par son père à 4 h 33. Des proches ont amorcé des manœuvres de réanimation. Des policiers arrivés sur place dix minutes plus tard ont pris le relais. Les ambulanciers ont poursuivi les manœuvres de réanimation. À l’hôpital de Louiseville, les membres de l’équipe médicale ont procédé à son intubation et ont tenté de la réanimer jusqu’à 6 h 26, heure à laquelle son décès n’a pu qu’être constaté.

La Sûreté du Québec a produit un rapport d’enquête à la suite de sa mort. On y apprend que la fillette s’est réveillée vers 23 h 30 le 4 août. Elle aurait alors reçu deux inhalations de ventolin. Vers 2 h, sa sœur qui dormait dans la même chambre s’est levée pour aller aviser un proche que la petite toussait. Elle aurait alors reçu un autre traitement de ventolin. Selon ses proches, elle ne démontrait pas de signe de détresse respiratoire à ce moment, peut-on lire dans le rapport. Deux heures et demie plus tard, elle était trouvée inanimée. Le coroner conclut qu’il s’agit d’une mort naturelle.

Il a émis une recommandation afin que le CIUSSS examine ses façons de faire et puisse y apporter des modifications si nécessaire. «Est-ce qu’on a fait tout ce qu’on aurait pu faire et qu’est-ce qu’on peut faire dans le futur pour ne pas que ça se reproduise», explique le Dr Pelletier.

Le CIUSSS affirme avoir pris bonne note de la recommandation du coroner. «C’est certain qu’au niveau des recommandations, dans la très, très grande majorité des cas, on y donne suite, et cela a été le cas dans ce dossier. Il y a une analyse qui a été faite au niveau des interventions qui ont été portées par les services sociaux de l’établissement. En faisant l’analyse, on s’en est servi comme levier pour bonifier nos processus et nos interventions», précise Guillaume Cliche, porte-parole du CIUSSS MCQ.