Renald Deshaies, président du club de la FADOQ de Saint-Célestin, propose à ses membres une conférence sur le cannabis médical.

Le cannabis intéresse les aînés....

BÉCANCOUR — «Ce n’est pas du pot vendu sur le coin de la rue. Ça, ça étourdit. On laisse ça à d’autres. Notre génération, ce n’est pas ce style-là», lance, en riant, Renald Deshaies. L’homme de 73 ans est président du club de la FADOQ de Saint-Célestin. Devant tous les questionnements que suscite le cannabis médical chez les personnes âgées, il a décidé de proposer une conférence sur le sujet en avril.

Le cannabis n’est pas qu’une affaire de jeunes. Surtout lorsque divers troubles de santé apparaissent en même temps que les années s’additionnent. La clinique VertMédic est aux premières loges pour constater une certaine curiosité des personnes âgées pour le cannabis médical. Un de ses promoteurs, Daniel Blackburn, est celui qui va présenter la conférence. Il a aussi l’intention d’aborder les autres clubs de la FADOQ pour s’enquérir de leur intérêt pour une telle séance d’information.

Bien qu’elle n’ait pas encore procédé à son ouverture officielle, la clinique, située dans la Polyclinique 55, dans le secteur Saint-Grégoire, à Bécancour, a quand même commencé à accueillir quelques patients. Une dizaine par semaine environ. Parmi ceux-ci se trouvent des personnes âgées dont une dame de 72 ans. «Elle est venue avec trois de ses amis vendredi dernier», raconte M. Blackburn.

«Il y a plus de personnes âgées que j’aurais cru. Elles sont assez ouvertes et assez informées. Mais plusieurs sont nerveuses. Elles ont l’impression de faire quelque chose d’illégal. Ça fait 50 ans qu’elles se font dire que le cannabis c’est mal», mentionne le promoteur.

Bien que le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM) est en vigueur depuis 2016, l’information n’est pas toujours au rendez-vous, même du côté des médecins. C’est pourquoi M. Deshaies croit qu’une conférence sur le sujet pourrait intéresser ses membres. «Les gens se questionnent. C’est question de se renseigner et de ne pas rester ignorant de ça. Le cannabis médical, le pot... on ne veut pas en discuter à tort et à travers.»

C’est en parlant avec une dame dont la condition s’est améliorée à la suite de la consommation de cannabis médical qu’il en a eu l’idée. «Si c’est légal, c’est parce qu’il doit apporter un certain bienfait quand on en prend raisonnablement. C’est comme les pilules. On voulait un suivi. Allez chercher l’heure juste.»

Il n’est pas le seul à avoir eu cette idée. Le cannabis médical fera aussi l’objet d’une présentation, en avril, à la Villa Domaine Saint-Grégoire. «C’est pour les informer. D’après moi, ils n’ont pas vraiment entendu parler comment ça fonctionne», note Anne Provencher, animatrice en loisirs à la Villa.

Si de plus en plus de gens sont curieux face au cannabis médical, il reste qu’il demeure pour plusieurs un sujet tabou. Certaines personnes craignent même d’être vues chez VertMédic. Une dame qui était à la clinique médicale qui se trouve aussi dans la Polyclinique 55 a souhaité s’informer sur les services offerts par VertMédic mais sans y mettre les pieds.

«On lui a donné des renseignements par téléphone alors qu’elle était dans la salle d’attente juste de l’autre bord du corridor. Elle n’a jamais voulu venir nous voir. Elle ne voulait pas que quelqu’un la voie dans la clinique», raconte M. Blackburn. Plusieurs personnes croient d’ailleurs que du cannabis est vendu chez VertMédic, ce qui n’est pas le cas. «Les gens pensent qu’on en vend. Mais non, c’est illégal. On ne peut pas faire ça», mentionne M. Blackburn. Leur rôle en est un de consultants. Leur clientèle est diversifiée: de tous les âges et de toutes les classes sociales. Ils viennent se renseigner pour toutes sortes de maux comme des douleurs aux articulations, des troubles du sommeil, de l’appétit, de l’anxiété.

Pour ce qui est de la conférence qui se tient à la FADOQ de Saint-Célestin, déjà 20 personnes sont inscrites. Des membres de tous les âges dont un homme de 90 ans. «T’es surprise la jeune. Je suis avant-gardiste. Notre village est assez avant-gardiste», rigole M. Deshaies face à notre étonnement concernant la popularité de cette rencontre.

En plus de M. Blackburn, une dame va venir témoigner des bienfaits que lui a apportés le cannabis médical.

M. Deshaies précise que la conférence qui se tient le 18 avril, à 13 h 30, au sous-sol de l’église de Saint-Célestin, est ouverte à tous. Il faut s’inscrire au 819-229-1836.