Vicky Légaré a échoué dans sa tentative de porter en appel le jugement rendu contre elle.

L’appel de Vicky Légaré est rejeté

TROIS-RIVIÈRES — Vicky Légaré a échoué dans sa tentative de porter en appel le jugement de culpabilité rendu contre elle pour une fraude commise à l’encontre de son ex-employeur.

Les faits qui lui sont reprochés étaient survenus à la station-service Esso de Manseau entre 2012 et 2014. À l’époque, elle y travaillait comme commis-comptable. Son rôle consistait notamment à faire les dépôts d’argent à l’institution financière. Elle en aurait profité pour s’approprier plus de 200 000$.

Elle avait donc été accusée de fraude et de vol. Un procès avait eu lieu devant le juge Rémi Bouchard en 2017. Selon la preuve de la Couronne, Mme Légaré avait avoué avoir volé l’argent lorsqu’elle avait été confrontée sur le sujet par son patron. Elle lui avait même remis un sac contenant 27 410$ qui provenaient, semble-t-il, des activités illicites de son conjoint, soit une production de cannabis. Elle avait aussi donné tout l’argent se trouvant dans son sac à main et dans ses comptes bancaires soit 6359,93$. Curieusement, on avait noté que les liasses d’argent étaient attachées de la même manière que l’argent des dépôts.

Toujours au procès, la prévenue avait pour sa part réfuté la prétention du procureur de la Couronne à l’effet qu’elle était l’auteure du détournement de fonds. Elle affirmait plutôt avoir été menacée et contrainte de verser un certain montant à son patron parce qu’elle craignait de recevoir la visite des policiers et qu’ils découvrent ainsi les équipements servant à la culture de cannabis dans le sous-sol de la maison. Elle avait aussi affirmé que l’argent provenant des ventes des pompistes était accessible aux autres employés et que ces derniers pouvaient eux aussi s’être servis.

Le juge de première instance ne l’avait pas crue. En plus des «incohérences, invraisemblances, hésitations, des réponses évasives, des explicitations farfelues, mensongères et des contradictions internes, le tribunal avait aussi constaté de nombreuses divergences entre son témoignage et celle de son conjoint», peut-on lire dans le document de cour. Bien qu’il n’avait pu établir avec exactitude le montant dérobé, le juge l’avait donc déclarée coupable d’une fraude de plus de 5000$ et condamnée à purger une peine de 12 mois de prison, à effectuer 180 heures de travaux communautaires et à respecter une probation de deux ans.

La cause avait été portée en appel. Mme Légaré soutenait que le juge avait erré dans son appréciation de la crédibilité des témoins tout particulièrement en ne tirant aucune inférence négative du fait que plusieurs employés étaient payés au noir par cet employeur. Or, la Cour d’appel estime que le juge de première instance en a tenu compte mais que cela n’a pas suffi à entacher la crédibilité des témoins.

Mme Légaré prétendait aussi que les contradictions entre son témoignage et celui de son conjoint étaient mineures. Sur ce point, la Cour d’appel est d’un tout autre avis, citant d’ailleurs des exemples concrets de contradictions importantes.

Le juge Bouchard s’était également fait reprocher par l’appelante d’avoir outrepassé la limite de son pouvoir d’intervention. Encore là, la Cour d’appel estime que l’intervention du juge lors d’un réinterrogatoire était légitime et justifiée dans les circonstances.

Quant au motif voulant que le juge se soit appuyé sur une preuve illégale, il a lui aussi été rejeté. «À la lumière de l’ensemble de la preuve, et plus particulièrement de l’appréciation que fait le juge de la crédibilité des témoins, la déclaration de culpabilité ne trouve pas uniquement appui dans les pièces en litige. Elle repose essentiellement sur la preuve testimoniale présentée au procès laquelle ne soulève aucun doute raisonnable quant à la culpabilité de l’appelante. Qui plus est, le verdict se fonde également sur les aveux extrajudiciaires de l’appelante», peut-on lire dans la décision rendue le 8 janvier.

Puisque de l’avis de la Cour d’appel, Mme Légaré n’est pas parvenue à démontrer que le juge avait commis des erreurs pouvant justifier une intervention, son appel a donc été rejeté. Elle devra dès maintenant purger sa sentence de prison.