L’enquête entourant la disparition pendant quelques heures du petit Zachary Bourgon, lundi à Saint-Georges-de-Champlain, ne permettait pas de croire que le déclenchement de l’alerte Amber était applicable, soutient la SQ.

L’alerte Amber n’était pas applicable

SHAWINIGAN — La disparition pendant quelques heures du petit Zachary Bourgon, lundi après-midi dans le secteur Saint-Georges-de-Champlain à Shawinigan, aura soulevé plusieurs questionnements auprès du public, à commencer par la nécessité ou non de déclencher une alerte Amber. Mais la Sûreté du Québec persiste et signe: les éléments pour le déclenchement d’une alerte Amber, tel que suggéré par de nombreuses personnes du public durant les recherches de lundi après-midi, n’étaient tout simplement pas réunis.

«Pour déclencher une alerte Amber, nous devons avoir des motifs raisonnables de croire que l’enfant a été victime d’un enlèvement. C’est l’élément central pour le déclenchement. Évidemment, ça peut changer à tout moment, mais les éléments de l’enquête ne nous menaient jamais vers cette piste», note Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec.

En effet, lundi après-midi, rien ne permettait aux policiers de croire en cette théorie, étant donné que partout où ils se présentaient, ils étaient capables de retracer le parcours du jeune garçon qui avait été vu à différents endroits, jusqu’à la découverte de sa bicyclette devant une résidence de l’avenue du Plateau.

C’est à partir de ce moment que certains témoins ont pu indiquer aux policiers qu’il se trouvait certainement vers la plage du lac des Piles en compagnie d’un ami. De plus, le vélo avait été retrouvé devant une résidence où on a rapidement pu établir qu’une famille y vivait et qu’elle connaissait le garçon.

Par ailleurs, pour le déclenchement d’une alerte Amber, les circonstances entourant l’enlèvement indiquent généralement que l’enfant risque de subir des lésions corporelles graves ou qu’il est en danger de mort. Finalement, le service de police doit posséder suffisamment d’informations sur l’enfant, mais également sur un éventuel suspect et un moyen de transport utilisé, laissant croire que la diffusion immédiate de l’alerte aidera à retracer l’enfant.

«L’enquête de lundi après-midi ne nous amenait pas dans cette direction. C’est pourquoi l’alerte Amber n’a pas été déclenchée», évoque Éloïse Cossette, qui ajoute que la Sûreté du Québec travaille quotidiennement avec des cas de disparition, mais qu’heureusement la plupart se terminent rapidement et sans nécessairement que le public en soit informé. En Mauricie seulement, ce sont des centaines de plaintes de disparitions qui sont enregistrées chaque année, et des milliers au Québec.

Dans la région, on ne répertorie que deux alertes Amber ayant été déclenchées sur le territoire, une opération extrêmement rare et qui doit réunir des conditions bien précises. La plus connue à ce jour demeure l’alerte Amber déclenchée le 26 mai 2014 afin de retrouver bébé Victoria, qui avait été enlevée par Valérie Poulin-Collins à l’hôpital de Trois-Rivières. Dans ce cas, une description claire de la suspecte avait été fournie, des images avaient été captées par les caméras de surveillance et des témoins avaient même été en mesure de fournir une description du véhicule suspect.

Une autre alerte Amber avait été déclenchée à Trois-Rivières, cette fois le 9 juin 2010 après que des parents eurent enlevés leur fillette de qui ils venaient de perdre la garde devant le tribunal. Les parents avaient fui avant que la Direction de la protection de la jeunesse n’ait pu venir chercher l’enfant, mais avaient été retracés moins de 45 minutes plus tard, moment où l’alerte fut finalement levée. La petite fille était en bonne santé et a été remise à la DPJ.