Cette image est tirée de la vidéo montrant l’agression survenue le 11 avril dans la cour de l’école secondaire Val-Mauricie de Shawinigan.

«La violence n’est jamais la solution»

Shawinigan — «La violence n’est jamais la solution.»

Qualifiant l’agression survenue en avril dernier dans la cour de l’école Val-Mauricie de Shawinigan d’événement «extrêmement malheureux», la juge Maryse Brouillette a imposé jeudi à l’auteur de l’attaque une période de probation de neuf mois et un suivi de quatre mois. L’individu de 16 ans avait plaidé coupable en août à une accusation de voie de fait pour avoir tabassé un élève de cette école secondaire, un événement qui avait été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux. Les images montrent l’adolescent frapper la victime à coups de pied et de poing.

Lors du prononcé de la sentence au palais de justice de Shawinigan, la juge Brouillette n’a pas manqué de rappeler à l’adolescent que l’incident survenu dans la cour de cette école secondaire est grave.

«Tu en es conscient, tu te retrouves devant le tribunal. Il faut que tu développes des moyens pour gérer tes frustrations.»

Un rapport prédécisionnel a été préparé pour aider le tribunal à prendre une décision quant à la peine à imposer à cet adolescent sans antécédent judiciaire. Selon l’avocate de l’adolescent, Me Valérie Thiffeault-Duchemin, ce rapport est très positif. Il démontre que son client a fait du chemin, notamment en traitant des problèmes de toxicomanie au centre Domrémy. L’adolescent exprime des regrets quant à ses gestes et démontre une ouverture à rencontrer la victime si cela est approprié.

Me Mylène Lavigne, procureure de la poursuite, a rappelé à la juge que les gestes commis par l’agresseur étaient sérieux et gratuits. La victime qui a eu des pensées suicidaires. La victime disait en août qu’elle craint de recroiser son agresseur et que sa confiance avait été fragilisée. L’avocate de la poursuite reconnaît que l’adolescent a fait des démarches pour avancer et que ses regrets semblent sincères.

Le rapport prédécisionnel suggérait l’imposition d’une probation d’un an assortie d’un suivi. 

Me Lavigne proposait un suivi de six mois. Les deux avocates ont aussi avancé l’imposition de 40 heures de travaux bénévoles.

La juge Brouillette a préféré ne pas exiger la réalisation de travaux bénévoles. Elle désire que l’adolescent se concentre à respecter les conditions reliées à sa probation et son suivi: ce jeune homme devra poursuivre son programme à Domrémy tout en participant à un programme pour son problème de violence. Il ne peut consommer ni alcool ni drogue. Il ne pourra entrer en contact avec la victime, sauf aux fins de médiation.

«Cette belle personnalité qu’on décrit dans le rapport, ce sont ces valeurs qui doivent prévaloir. Je fais confiance en ta réhabilitation», a dit la juge Brouillette.

Quatre jeunes avaient été interpellés pour leur implication directe ou directe dans cette agression. L’agresseur a plaidé coupable, l’autre jeune accusé de voie de fait a été acquitté en juillet. Quant aux deux autres adolescents, ils ont subi des sanctions extrajudiciaires.

Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, la conseillère en communication Renée Jobin rappelle que la direction générale n’a pas tardé à rappeler aux directions d’écoles les consignes en matière de surveillance.

«Peu importe la configuration des cours d’école, on s’assure qu’il y a toujours de la surveillance sur place. On demeure vigilant pour s’assurer que les jeunes sont toujours sous surveillance.»