C'est dans cette maison de Saint-Eustache que l'ex-conjointe d'Ugo Fredette, Véronique Barde, a été retrouvée sans vie.

La rupture amoureuse, un important déclencheur de violence conjugale

Une personne vivant une rupture conjugale difficile doit voir les démarches à trouver de l'aide psychologique comme une réaction courageuse, affirme Suzanne Léveillée, professeure de psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Une difficile rupture peut souvent être à l'origine de gestes violents.
«C'est sûr que la rupture amoureuse est un déclencheur dans plus de 50 % des cas de violence conjugale graves. Si on regarde les chiffres seulement, c'est un des déclencheurs les plus importants», soutient Suzanne Léveillée, qui rappelle que l'ex-conjointe d'Ugo Fredette, Véronique Barde, a été retrouvée morte. 
La chercheuse à l'UQTR mène depuis 2015 un projet de recherche sur la violence conjugale dans un contexte de séparation intitulé «Violence conjugale et séparation: intervenir pour diminuer le risque de comportements de plus en plus violents». 
«C'est un programme pour informer les gens et développer des ateliers pour mieux se reprendre en main, pour mieux comprendre ce qui se passe en eux lorsqu'ils font face à des ruptures difficiles», explique la professeure en psychologie à l'UQTR, qui précise que les hommes sont plus nombreux que les femmes à subir des ruptures non souhaitées. 
Quelles sont les raisons qui poussent un conjoint et un père à agir ainsi? La professeure de psychologie avoue qu'il est trop tôt pour se prononcer sur le cas d'Ugo Fredette, mais affirme que généralement les hommes qui agissent ainsi ont des personnalités fragiles.
«Ce sont généralement des personnes qui ont des fragilités au niveau de leur personnalité. Des individus, des hommes qui peuvent se montrer dans le contrôle de la situation de l'autre et plus possessif que la moyenne des gens», affirme la chercheuse à l'UQTR.  
«Ces hommes peuvent avoir une réaction de colère très forte mélangée à de la détresse psychologique.»
La manifestation de colère extrême, qui peut aller jusqu'à l'homicide conjugal, se manifeste souvent, note Suzanne Léveillée, lorsque l'aide psychologique requise n'a pas été demandée. «Des gens se disent qu'ils vont s'arranger tout seuls. Ils se disent qu'ils vont être capables et assez forts. Ils ne vont pas consulter», déplore-t-elle. 
«Ils peuvent y aller une fois, mais après ils arrêtent. Des gens ont l'impression que c'est un signe de faiblesse de consulter, mais pourtant, c'est plutôt le contraire.» 
Des proches d'Ugo Fredette ont avoué à des journalistes que son couple traversait une période difficile ces derniers temps. Malgré tout, il est très difficile d'imaginer qu'une personne puisse commettre de tels gestes. «Quand on a un inconfort à voir que quelqu'un ne va pas bien, on peut lui donner des ressources sur l'aide possible. C'est le message qu'on peut dire. Si on a un appel d'une personne qui est en détresse, surtout à la suite d'une rupture trop difficile, on peut le référer à des organismes pour hommes ou des ressources d'aide. On ne veut pas que cette détresse s'amplifie», soutient Mme Léveillée. «Ça peut durer plusieurs semaines et ce n'est pas facile à déceler.»
Après la publication de l'Alerte AMBER, de nombreuses personnes qui connaissent ou ont connu Ugo Fredette l'ont exhorté de se rendre aux policiers et de ne pas faire de mal à l'enfant. Ces personnes, dont le père et le grand-père de Cédrika Provencher, ont fait appel à la raison de Fredette et à son coeur de père. Suzanne Léveillée estime qu'il s'agissait de la bonne stratégie à adopter dans ces circonstances.  
«D'appeler à la raison ou de tendre la main en lui disait de venir se faire aider plutôt que de continuer à s'enfoncer, je pense que oui c'est la bonne façon de faire. Dans un temps de crise comme actuellement, il n'y a pas d'autre méthode», précisait la chercheuse à l'UQTR, alors que l'enfant n'avait pas encore été retrouvé.