William Labranche

La prison pour William Labranche

Trois-Rivières — «Ce qui me frappe de cette affaire est l’ampleur de la violence et de la domination.»

Le juge Jacques Trudel n’a pas mis de gants blancs, mardi, lorsqu’il a condamné William Labranche à une peine de 69 mois et 17 jours d’emprisonnement. 

Labranche est cet homme de 24 ans ayant été déclaré coupable en août d’agressions sexuelles armées, d’agressions sexuelles causant des lésions, de voies de fait armées, de voies de fait simples, de séquestration, de menaces de mort et de diverses infractions concernant la possession et le trafic de stupéfiants. Deux femmes ont été victimes des sévices de Labranche commis entre 2011 et 2015.

Lors de l’imposition de la peine prononcée au palais de justice de Trois-Rivières, le juge retient que les victimes ont clairement manifesté leur opposition face à plusieurs gestes sexuels de Labranche, une absence de consentement ignorée par le criminel. Tout en rappelant qu’une vague de dénonciations de comportements sexuels inadéquats retient l’attention depuis quelques semaines, le juge Trudel a mentionné que le comportement de Labranche se situe en haut de l’échelle de ces comportements.

«Ces jeunes femmes vous ont fait confiance. Vous avez cherché à les dominer dans des rapports intimes sans égard à leur volonté. En l’absence d’antécédent et à un si jeune âge, je suis forcé de conclure qu’on peut constater le rejet de toute référence dans le rapport à l’autre», a ajouté le juge Trudel, qui accepte ainsi la suggestion de sentence déposée le 13 octobre par les procureures de la poursuite et de la défense.

Les douleurs, la peur et les traumatismes évoqués par les deux victimes lors de leur témoignage durant le procès indiquent que le comportement de Labranche a fait basculer leur vie. Le juge Trudel a d’ailleurs rappelé un événement précis, soit l’arrestation en avril 2015 de Labranche dans un restaurant où une des victimes a fait irruption pour obtenir de l’aide.

«Elle tente de mettre fin à cette violence. Elle a été littéralement enlevée par vous. Il a fallu l’intervention armée des policiers pour vous arrêter», a dit le juge à Labranche, ce dernier étant plutôt impassible devant les commentaires du juge et la nature de la peine.

Le président du tribunal a également souligné la forte consommation de pornographie de type «hard» par Labranche. Cette consommation a contribué à forger ce comportement qui est devenu criminel. «C’est une peine importante, sévère. La peine doit vous amener à une prise de conscience, à une responsabilisation de votre part», continue le juge, tout en exprimant le souhait que cette affaire ait une certaine portée sociale concernant le respect de la personne.

En soustrayant la détention préventive de Labranche, la peine nette à purger à compter du 31 octobre est de deux ans moins un jour. Cela donne la possibilité d’imposer une probation à Labranche tout en lui permettant de prendre le chemin d’un centre de détention provincial, soit celui de Percé. Ce centre est spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels et Labranche est intéressé à suivre une telle thérapie.

«Au niveau de la réhabilitation, c’est la volonté de mon client de compléter une thérapie», a confirmé Me Pénélope Provencher, qui affirme que la peine imposée à son client est raisonnable dans les circonstances.

L’engagement de Labranche à suivre une thérapie a aussi été souligné par Me Marie-Eve Paquet, la procureure de la poursuite dans ce dossier. Selon elle, la nature de la peine d’emprisonnement envoie un message clair: les tribunaux sont sévères dans ce genre de délit.

«Le consentement, ce n’est pas quelque chose qui flotte dans les airs. C’est essentiel de l’obtenir à tout moment.»

Labranche devra suivre une thérapie pour délinquants sexuels durant son séjour à Percé. Une probation de trois ans et un suivi de la même durée seront imposés à Labranche lorsqu’il sortira de prison. Il lui est interdit de communiquer avec les victimes et de posséder des armes. Il devra fournir un échantillon d’ADN et son nom sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.