La prison pour avoir abusé d’une adolescente qui était en amour avec lui

SHAWINIGAN — Steve Landry-Mangaillou a été condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison pour avoir abusé d’une adolescente de 14 ans qui était amoureuse de lui.

Dans cette cause du palais de justice de Shawinigan, c’est en effet la victime qui avait demandé de coucher avec lui sous prétexte qu’elle l’aimait. Lors de son témoignage, elle avait clairement refusé de se considérer comme une victime. «Je ne voulais pas porter plainte. Je voulais continuer de le voir», avait-elle raconté. C’est sa mère qui avait porté plainte à la police.

Landry-Mangaillou avait connu l’adolescente par le biais d’Internet. Dès leur première rencontre en novembre 2016, ils avaient ensuite eu une relation sexuelle complète. Certes, la victime était consentante mais comme elle avait 14 ans, cela ne peut constituer une défense pour l’accusé. Au Canada, l’âge minimal du consentement à une activité sexuelle est fixé à 16 ans.

L’individu de 26 ans avait donc plaidé coupable à des accusations de contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et leurre informatique. Lundi, la procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent et l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, ont suggéré au juge Jacques Trudel qu’une peine de deux ans moins un jour de prison lui soit imposée. Il s’agit en fait de la peine minimale pour des infractions de cette nature. Elle tient compte de la détention préventive d’une journée purgée lors de son arrestation en mai 2017.

Le juge a entériné la suggestion. Il a également conseillé à Steve Landry-Mangaillou de s’impliquer dans la thérapie sexuelle qui lui sera proposée à l’établissement de détention de Percé, s’il est accepté dans le programme. Le rapport présentenciel et le rapport sexologique ont révélé que le risque de récidive est moyen compte tenu de certains problèmes cognitifs et de déviance sexuelle.

De toute façon, il sera sous probation pendant deux ans à sa sortie de prison dont 18 mois avec suivi. Il lui sera alors interdit de communiquer avec la victime sauf à l’initiative de la jeune fille, qui a maintenant 17 ans. Lors des plaidoiries, Me Vincent a pris soin de mentionner que la victime était fragile et vulnérable mais qu’elle désirait parler à Landry-Mangaillou pour avoir des explications.

Il devra suivre toute thérapie jugée nécessaire par son agent de probation, notamment en matière sexuelle. Il devra également respecter pendant cinq ans une série d’interdictions visant à l’empêcher de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans sauf s’ils sont accompagnés d’un adulte au courant des antécédents judiciaires et à utiliser Internet. Enfin, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pour toute sa vie.