C'est à cet endroit sur la rue Badeaux qu'une femme avait été agressée dans la nuit du 10 novembre.

La présumée victime de Linda Laprise anéantie par sa libération

Linda Laprise, accusée de trois vols qualifiés au couteau, pourra finalement reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre elle. Mais une des femmes qui a été agressée et lacérée au visage au centre-ville de Trois-Rivières en novembre dernier, présumément par Linda Laprise, se disait «sous le choc» vendredi après la décision du tribunal de libérer l'accusée.
Au terme de l'enquête sur détention qui s'est tenue jeudi et vendredi, la juge Guylaine Tremblay a en effet conclu qu'elle ne constituait pas un danger pour la société, c'est-à-dire qu'il y avait peu de chances qu'elle récidive.
En ce sens, elle a précisé que la Couronne n'avait pas rempli son fardeau de prouver que la prévenue devait demeurer
détenue car elle risquait de commettre d'autres infractions. Qui plus est, elle a rappelé qu'à ce stade des procédures, la femme de 45 ans est toujours présumée innocente.
Toutefois, comme elle ne cache pas une certaine inquiétude, la juge Tremblay a imposé une série de conditions à Linda Laprise. Cette dernière devra donc respecter un couvre-feu de 21 h à 6 h. Il lui sera interdit d'avoir en sa possession ou de consommer drogue et alcool. Elle devra prendre sa médication, poursuivre ses démarches auprès du CLSC pour avoir un suivi social, prendre rendez-vous avec Domrémy, se soumettre à une évaluation et suivre les recommandations du centre de thérapie.
Il lui sera également interdit d'avoir des armes, de communiquer avec les victimes et son conjoint, qui se trouve présentement en prison, et enfin de se rendre au restaurant Théo. Elle reviendra en cour le 3 mars.
«Je suis sous le choc»
Une des victimes des agressions qui auraient été commises par Linda Laprise était sous le choc, vendredi, de la décision du tribunal de remettre en liberté la femme qui l'aurait agressée avec un couteau dans la nuit du 10 novembre dernier. Rappelons que deux femmes avaient été agressées au centre-ville de Trois-Rivières lors de la même nuit. Ces événements avaient semé de vives inquiétudes chez les résidents, les travailleurs et les usagers du centre-ville.
«Je suis sous le choc qu'on l'ait remise en liberté. Le but de l'avoir détenue c'était de protéger le public. Mais il n'y a personne qui va me dire qu'elle n'est pas dangereuse pour le public», affirme d'emblée la femme qui a subi de sérieuses lacérations aux visages.
«Je pense qu'elle est dangereuse pour la société. Je suis vraiment anéantie par ça. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble. Je vais me promener dans la rue puis je ne vais même pas savoir si je vais être face à elle ou pas», ajoute-t-elle.
La dame ne croyait pas à l'origine qu'une femme aurait pu être l'auteure de son agression. Linda Laprise aurait eu le visage et la tête cachés par des vêtements, précise la victime. «J'étais certaine que c'était un homme. Je n'ai jamais pensé que ça pouvait être une femme. Premièrement parce que c'est rare qu'une femme fasse un acte aussi grave et il me manque quelques bouts de l'événement. J'étais sur l'adrénaline, je n'ai pas reconnu que c'était une voix de femme», témoigne-t-elle.
La victime continue de soigner ses lacérations au visage. Malheureusement pour elle, il restera marqué par l'agression au couteau dont elle a été victime. «Les blessures ne sont pas complètement guéries, ça va prendre des mois. Le plasticien parlait de 18 mois avant de voir la fin de l'évolution des cicatrices. Mais, c'est certain que je vais toujours avoir des cicatrices au visage. Il me manque des tissus sur le nez, mais je n'aurai finalement pas besoin d'une greffe», souligne au Nouvelliste la dame, qui n'a toujours pas repris le travail depuis son agression au couteau.
En vertu d'une ordonnance de non-publication, il nous est interdit de dévoiler le contenu des témoignages et de la preuve entendus dans le cadre de l'enquête sur détention.
Rappelons que Linda Laprise, qui est défendue par Me Maryse Brouillette, est accusée de vols qualifiés, voies de fait, voies de fait causant des lésions corporelles et port de déguisement dans l'intention de commettre un acte criminel.
Elle aurait agressé deux jeunes femmes à la pointe d'un couteau, le 10 novembre, au centre-ville de Trois-Rivières. Le 20 décembre, elle se serait présentée avec un couteau au restaurant Théo pour exiger le contenu du tiroir-caisse.