La mère d’une enfant violée reconnue comme victime d’acte criminel

Marc Thibodeau
La Presse
La mère d’une fillette tombée enceinte à l’âge de 11 ans après avoir été agressée sexuellement par un ami de la famille vient d’être reconnue formellement comme une victime d’acte criminel devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) à l’issue d’une longue bataille juridique.

«J’ai été obligée de me battre et de me battre et de justifier à répétition ce que je sens. C’est ce que j’ai trouvé le plus difficile», a indiqué dimanche en entrevue à La Presse la femme de 39 ans, qui ne peut être identifiée pour protéger l’identité des enfants concernés. Elle reproche au service d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) de l’avoir traitée de manière «inhumaine» en l’obligeant à recourir aux tribunaux pour obtenir un soutien financier susceptible de lui permettre de surmonter le traumatisme subi. 

«J’en suis encore au même stade. J’ai des cauchemars, je suis stressée, je ne peux toujours pas retourner au travail. Je vis encore avec les séquelles de tout ça», souligne-t-elle en parlant du drame vécu par la famille. L’avocat Marc Bellemare, qui la représentait, espère que la décision rendue par le TAQ le 26 juin va amener l’IVAC à revoir ses façons de faire.

Ses représentants, dit-il, continuent d’utiliser une notion restrictive de victime d’acte criminel pour écarter les demandes d’indemnisation, privant de soutien financier des personnes «complètement dévastées par des crimes». 



« On les met sur une voie de garage en leur disant qu’elles ne sont pas admissibles. »
Me Marc Bellemare

La reconnaissance formelle comme victime d’acte criminel permet de faire payer les frais de thérapie, mais aussi de compenser les pertes de revenus découlant d’interruptions de travail et d’obtenir une rente liée aux séquelles.