Les effets personnels de Marie-Ève Duhaime ont été ramassés par des employés municipaux, mercredi après-midi. La dame, pour sa part, a été arrêtée et a comparu au palais de justice pour bris de conditions.

La dame évincée arrêtée

Shawinigan — La dame qui a été évincée de son logement de Shawinigan la semaine dernière et qui vivait depuis une semaine dans la rue avec ses biens a été arrêtée mercredi par les policiers de la Sûreté du Québec.

Marie-Ève Duhaime, 35 ans, devait en effet respecter des conditions émises par la cour en lien avec une agression commise sur un policier au mois de juin dernier. Parmi ces conditions, elle devait notamment aviser la cour de tout changement d’adresse. Or, les policiers ont été en mesure de constater, dans un reportage diffusé à Radio-Canada Mauricie mardi soir, que la dame n’habitait plus le logement depuis plusieurs jours, et qu’elle n’en avait pas avisé la cour.

Les conditions avaient été émises le 19 juillet dernier, moment où elle a comparu au palais de justice de Shawinigan pour des gestes commis à l’endroit d’un agent de la paix le 26 juin. À cette même date, elle avait également été accusée d’avoir proféré des menaces contre une personne entre le 1er et le 4 juin dernier. Il s’agit toutefois d’une autre histoire n’impliquant pas les mêmes présumées victimes que lors de l’événement du 26 juin.

En attendant la suite des procédures, Mme Duhaime devait respecter une série de conditions habituelles au tribunal, dont garder la paix, avoir une bonne conduite et aviser la cour de tout changement d’adresse. C’est ce dernier engagement qui n’aura donc pas été respecté.

Les policiers ont ainsi procédé à son arrestation mercredi matin sur la rue Hemlock, là où elle avait élu domicile après avoir été évincée de son logement à la suite d’un jugement rendu en août à la faveur de son propriétaire. Elle n’aurait, selon le jugement, pas payé son loyer depuis plusieurs mois.

Ses biens ont été ramassés par la Ville de Shawinigan, puis entreposés. Par ailleurs, les animaux que possédaient la dame ont été pris en charge par la SPA Mauricie.

À la Ville de Shawinigan, on indique que dans de pareils cas, une personne élisant domicile sur la voie publique de cette façon pourrait recevoir un constat d’infraction, puisque cette pratique va à l’encontre du règlement municipal. «C’est ce qui est prévu au règlement. Toutefois, dans ce cas précis, ça n’a pas été l’option choisie. D’ailleurs, les choses ont bougé durant la journée et la Sûreté du Québec a pris le dossier en charge. En ce qui nous concerne, nous allons libérer la voie publique des biens de la dame et allons les entreposer», explique Véronique Gagnon-Piquès, responsable des communications à la Ville de Shawinigan.

Du côté du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, on ne commente pas les cas particuliers, mais on laisse savoir qu’une personne qui se retrouverait ainsi évincée de son logement et sans ressource pour se relocaliser a toujours la possibilité de s’adresser au service info-social du 811, où les spécialistes en services sociaux pourront faire une évaluation de la situation et recommander des ressources disponibles sur le territoire.

«Dans tous les cas, il y a possibilité d’offrir de l’accompagnement et de l’aide à la relocalisation. Nous pouvons référer une personne vers des ressources d’hébergement temporaire et offrir du soutien et des références», résume Guillaume Cliche, porte-parole du CIUSSS-MCQ.

Par ailleurs, selon l’évaluation de chaque cas, le CIUSSS peut également mener la personne vers d’autres services, comme par exemple un suivi avec un travailleur social, un suivi psychologique, etc.

«Chaque cas est unique. Mais il faut d’abord que la personne accepte l’aide qui est proposée», ajoute M. Cliche.