Alexis Vadeboncoeur

La crédibilité de Vadeboncoeur attaquée

Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait et de fabrication de faux rapports, a repris, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières avec les plaidoiries de la défense.
Sur la photo, on voit les quatre policiers de Trois-Rivières dont le procès a repris lundi. De gauche à droite, il y a Marc-André St-Amant, Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Kaven Deslauriers.
D'entrée de jeu, Me Normand Bibeau, l'avocat de Marc-André Saint-Amant, s'est attaqué à la crédibilité d'Alexis Vadeboncoeur en le traitant de «fieffé menteur», d'«individu dont les intérêts commandent les actions», d'être «imprévisible et dangereux». 
Pour lui, il est clair que son témoignage n'a aucune valeur parce qu'il a tenté d'induire le tribunal en erreur à multiples reprises et qu'il n'a jamais respecté la justice de sa vie. 
En ce sens, Me Bibeau a donné des exemples des contradictions qu'il a relevées dans son témoignage notamment en ce qui concerne les blessures qui lui auraient été infligées par les policiers.
Vadeboncoeur prétendait en effet avoir eu les testicules enflées, plusieurs contusions, ecchymoses, coupures et hématomes sur la tête et le corps, dont une bosse grosse comme un oeuf.
Selon l'avocat Bibeau, il n'a jamais parlé de ses blessures à la suite de son arrestation. «La preuve scientifique abonde plutôt dans le même sens que les témoignages des policiers», a affirmé l'avocat, rappelant que les infirmières et le médecin n'avaient pas vu non plus lesdites blessures. 
L'avocat a aussi soutenu que Vadeboncoeur était un jeune consommateur de drogues qui avait toujours été réfractaire aux règles et que son «refus obstiné» d'obéir aux ordre des policiers le 2 février 2013 en était la preuve flagrante.
Il a d'ailleurs pris soin de rappeler ses nombreux antécédents judiciaires tels des vols qualifiés, une entrave, une introduction par effraction et pas moins de 13 bris d'engagements. «On ne parle plus d'une feuille de route mais bien d'une feuille d'autoroute», s'est-il exclamé.
Selon lui, il est clairement impossible qu'il n'ait pas entendu les ordres donnés par les policiers qui le pourchassaient après le vol de la pharmacie. Il a d'ailleurs répété à quelques reprises au juge Steve Magnan l'importance d'analyser tous les événements survenus avant l'arrestation pour avoir une réelle idée d'ensemble.
En ce sens, il a parlé des nombreux signes précurseurs d'assaut qui démontreraient qu'il ne voulait pas se rendre mais plutôt trouver un autre plan de fuite lorsque l'agent de sécurité du Cégep a fermé la porte devant lui.
Et lorsqu'il s'est couché sur le ventre, les bras en croix, il venait encore une fois de refuser d'obéir aux ordres qui étaient plutôt de lever les mains en l'air, de se retourner et de reculer vers les policiers. «Qu'est-ce qu'il y a de si difficile à comprendre dans ces ordres?», a demandé l'avocat. 
Me Bibeau a également attaqué les conclusions formulées par Bruno Poulin, l'expert de la Couronne en utilisation de la force. Il ne comprend pas pourquoi cet expert n'a pas tenu compte de plusieurs facteurs dans son analyse comme le refus de Vadeboncoeur d'obtempérer, le phénomène d'éblouissement, la distance séparant l'arme du suspect, la proximité du Cégep et surtout l'urgence d'agir.
Selon lui, les policiers vivaient un stress à la limite de la détresse. Il soutient donc que le témoignage de M. Poulin n'était pas objectif et qu'il s'est plutôt laissé impressionner par la vidéo. 
Enfin, il a plaidé le fait que son client avait agi selon les enseignements de l'École nationale de police du Québec et qu'il était justifié d'agir comme il l'a fait puisque Vadeboncoeur avait délibérément ramené ses bras sous lui et qu'il pouvait cacher une autre arme.
Les plaidoiries vont se poursuivre mercredi.