Photo: Stéphane Lessard. Comparutions au palais de justice de Trois-Rivières. L'ERM Mauricie démantèle un vaste réseau de cocaïne. - Chad Blanchette Linteau

La conjointe de Chad Blanchette-Linteau reste détenue

Trois-Rivières — Arrêtée dans le cadre du projet Pantois en même temps que son conjoint, Chad Blanchette-Linteau, Camille Gauthier a échoué dans sa tentative de reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre elle.

Le juge Rosaire Larouche a en effet ordonné, jeudi, que la coiffeuse de 29 ans et mère d’un jeune enfant soit détenue, et ce, dans le but de ne pas miner la confiance du public en l’administration de la justice. Ses antécédents judiciaires, ses causes pendantes, les engagements qu’elle aurait enfreints et surtout, le fait qu’elle s’était portée caution pour Chad Blanchette-Linteau ne l’ont clairement pas aidée.

Selon le juge, il est difficile de ne pas tenir compte de ses antécédents judiciaires en matière de voies de fait et de facultés affaiblies et de ses causes pendantes pour voies de fait, refus de se soumettre à un alcootest et bris de promesse. En ce sens, elle devait d’ailleurs respecter des conditions et l’une d’elles lui interdisait justement d’être en possession de drogue.

Qui plus est, elle s’était engagée devant le tribunal en octobre 2017 à servir de caution pour Chad Blanchette-Linteau. Elle s’était alors portée garante qu’il respecterait ses conditions lorsque ce dernier avait pu retrouver sa liberté dans un autre dossier.

Or, la jeune femme se retrouve aujourd’hui accusée de trafic de cocaïne par le biais de la complicité avec son conjoint sur une période comprise entre septembre 2018 et janvier 2019. Rappelons que ce dernier est par ailleurs considéré par les policiers comme la tête dirigeante de ce réseau de trafiquants de cocaïne qui a été démantelé le 21 mars dernier par l’Escouade régionale mixte. Elle est aussi accusée d’avoir eu en sa possession des items servant au trafic de stupéfiants, de possession de sommes d’argent obtenues par la perpétration d’un crime et de bris d’engagements.

C’est pourquoi, malgré les garanties proposées par l’avocate de Camille Gauthier, Me Pénélope Provencher, le juge a refusé de lui accorder une remise en liberté.

Le procureur de la Couronne en charge de cette affaire, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a également eu gain de cause dans le dossier de Richard Vaugeois, un autre présumé complice de ce réseau. Celui-ci est accusé de trafic de cocaïne, possession de stupéfiants pour fins de trafic et possession d’items servant au trafic. Le juge Simon Ricard a en effet ordonné sa détention pour la durée des procédures judiciaires.

On sait que Richard Vaugeois a des causes pendantes en matière de fraude, supposition de personnes, méfait public et recel. Et lors de la perpétration des délits qui lui sont reprochés, le suspect faisait l’objet d’un mandat d’arrestation.

Un autre présumé complice de ce réseau de trafiquants, Alexandre Dionne a cependant eu plus de chance. Bien que le juge Rosaire Larouche qualifie la preuve recueillie contre lui de sérieuse et accablante, il a accepté de le remettre en liberté mais avec une série de conditions. Le client de Me Louis R. Lupien n’a en effet aucun antécédent judiciaire et ses garanties de remise en liberté sont solides. Son père a notamment accepté de se porter caution pour lui en s’engageant financièrement pour la somme de 10 000 $. Dionne devra pour sa part déposer 1000 $ en garantie, il devra également respecter un couvre-feu, ne pas quitter la région, faire des démarches pour se trouver un emploi, se rapporter à la Sûreté du Québec aux deux semaines, contacter Domrémy et fournir sur demande le registre mensuel de ses appels téléphoniques. Il doit également se soumettre à plusieurs interdictions.

Leur cause a été reportée au 16 avril en même temps que tous les autres individus arrêtés lors de cette opération. La seule exception est pour Chad Blanchette-Linteau. Il est toujours détenu pour l’instant compte tenu de l’objection émise par la Couronne. Il sera ramené devant le tribunal le 10 avril pour la suite de son procès. On sait qu’il est accusé d’avoir agressé un client de son salon, le Jack McGurn Barbier.